Tension érotique presque insoutenable, exhaltant le corps tant féminin que masculin à l'aune de son environnement sauvage pour une confrontation épique ! Narration épurée aux allures de tragédie, s'exprimant dans un style naturaliste très visuel, se réclamant du muet (celui de Flaherty par exemple), ou m'évoquant Arunas Zebriunas aussi. Chaque plan est composé avec classicisme (à la manière de Paul Strand), expressivité et harmonie graphique, sans négliger la profondeur de champ. Condensation et sécheresse de certaines actions, pratiquement aussi radicales qu'au temps des westerns années 1910 (William S. Hart ou Tom Mix !). Même pas le temps de dire ouf, que le flic git au sol une balle de le gras, fin prêt pour les requins, ou l'autre inconnu qui se précipite sur la belle en pleine rue centrale pour lui rouler pelle, comme ça, heureusement José Luis était justement derrière son dos et lui allonge une droite et paf, bien fait !
Dialectique opposant valeurs civilisées (solidarité, fidélité, respect de la parole donnée, la liberté), aux instincts primitifs essentiellement caractérisés par la machisme, et plus particulièrement les pulsions sexuelles masculines incontrôlées, s'exprimant brutalement.
José Luis ne consentira à répondre des coups d'Antonio dans la bagarre finale, qu'après avoir pris connaissance du choix effectué par Rossana (avec qui souhaite-t'elle vivre désormais ?). Le film est donc moins un joli mélodrame érotico-naturaliste, qu'un hymne au respect des êtres, préambule entre autre à l"amour (voir scène où José Luis et Rossana se désirent intensément tandis qu'ils rincent des bricoles assis chacun de leur côté au bord de l'eau, et se retiennent dans la complicité). Laissant un souvenir durable de part sa pureté, mais d'un sécheresse académique telle qu'elle coupe court à l'émotion.
(6,5/10)