Kore-Eda Hirokazu, cinéaste et scénariste japonais le plus représenté de ces vingts dernières années au Festival de Cannes, vainqueur de la palme d'or avec le remarquable "Une Affaire de famille" présente cette année "Sheep in the box", son dix-septième film sur la croisette.
Une nouvelle fois la famille (et notamment l'enfance), se retrouve au centre de cette intime fable humblement dystopique sur un couple endeuillé par la perte de leur fils de 7 ans.
De façon inattendue ils vont avoir la possibilité grâce aux technologies nouvelles d'obtenir un humanoïde ressemblant traits pour traits à l'enfant disparu.
La caméra charitable du cinéaste suit les atermoiements divers entre le père bourru et réticent et la mère architecte plus enthousiaste à accueillir ce "replicant". Loin de "Blade Runner" (1982) de Ridley Scott, mais plus proche de "A.I. Intelligence artificielle" (2001) de Steven Spielberg, le cinéaste questionne notre futur où humains et robots de tous genres vont devoir cohabiter en harmonie, comme Kareku l'humanoide attaché à l'alchimie entre l'homme et la nature.
L'œuvre généreuse ne manque pas d'intelligence non artificielle sur la complexité du couple à faire le deuil, la déshumanisation et les liens que nous devons reconnecter mais ce mouton influencé par Saint-Exupery est dessiné de manière moins enthousiasmante qu'attendu pour prendre complètement son envol...