Le Golem est un film polonais datant de l'époque communiste et cela se voit. Filmé dans les teints sombres habituels qui en disent long sur les conditions de l'époque, il nous conte l'épopée d'un homme qui n'en est pas un : créé pour faire évoluer l'humanité, le Golem zone en Europe de l'Est comme un prétexte pour nous en dire les tares. Tel le perse de Montesquieu, le Golem de Szulkin se construit surtout dans la différence : différence qu'il exprime par quelques actes de gentillesse dans un monde ressemblant plus à un asile qu'à une réelle démocratie viable. Au sein de ce monde kafkaïen où tout le monde semble être devenu fou, le Golem n'est plus une créature destructrice comme dans l'oeuvre originelle mais un étranger faisant office d'observateur et de miroir de la société ultime car n'appartenant même pas à l'espèce humaine.
Ce serait mentir que de dire de ce film qu'il est facilement accessible, mais pour qui se laisse bien tenter, son ambiance cohérente et les interrogatoires des scientifiques permettront assez facilement de lever le voile sur le mystère qui entoure le protagoniste. Une fois la chose comprise, il est toutefois parfois difficile de rester intéressé par ce qui se passe sur l'écran tant la démarche jusqu'au-boutiste peut être repoussante et son exécution anti-spectaculaire au possible. Reste un état des lieux pas bien glorieux des conditions de vie et du régime politique de l'époque accentué par le générique final, qui, nous faisant passer du personnage à l'actualité nous rappelle que ce ne sont pas juste de vaines péripéties mais bien d'un scandale d'état dont on vient de nous raconter le déroulement.