Très fan du cinéma de Francis Veber, aussi bien lorsqu’il est derrière la caméra que quand il est seulement à l’écriture, voilà un film (son premier en tant que réalisateur) qui ne m’a jamais vraiment emballé. Autant ses autres collaborations avec Pierre Richard m’ont enthousiasmé et je reste convaincu qu’il lui a offert ses meilleurs rôles, autant ce film m’a toujours plutôt laissé de marbre. Habitué à une mécanique huilée autour de duos mal assortis, Francis Veber fait ici davantage dans la satire sociale que dans la pure comédie. Ce qui fonctionnera plus ou moins bien dans Coup de tête souffre ici d’une vision vraiment trop simpliste. Les riches sont des personnes qui croient qu’on peut acheter tout le monde avec, pour les représenter, un Michel Bouquet prodigieusement odieux et son fils en guise de « petit con pourri gâté », c’est un peu réducteur.
On se retrouve donc avec une fable cynique qui met en scène les méchants riches et le gentil Perrin qui cherche à s’en sortir dans la vie. Le propos manque, c’est le moins qu’on puisse dire, de finesse. C’est d’autant plus vrai que la farce est globalement sérieuse. Le film offre peu de moments comiques et on ne rit presque jamais. Pierre Richard est, à ce titre, utilisé bien autrement que dans ses autres films. Il est ici le pitre du gamin, pas du spectateur. Exit le Pierre Richard maladroit, lunaire ou malchanceux, place à un Pierre Richard lucide sur le rôle que la société veut lui faire jouer et qu’il refuse d’endosser sans renvoyer son employé et ses sous-fifres dans leurs cordes. C'est un pari audacieux qui est relevé haut la main, mais c'est un peu court à mon sens.
Le sujet est original, certes, certains éléments sont bien vus, mais ce Jouet est top caricatural et surtout pas suffisamment drôle pour emporter le morceau. On se console très largement avec le jeu savoureux des différents acteurs, Francis Veber ayant, dès son premier film, le souci de soigner également ses seconds rôles même s’ils n’ont qu’une scène à défendre.