Ce petit bijou des années 80 est un de mes slashers préférés avec "My Bloody Valentine".
Le film traverse plusieurs genres. Il commence comme un teen-movie potache avec une bande d'ados caricaturaux qui persécutent Marty Randsen, l'intello souffre douleur de service, jusqu'à ce qu'une blague dérape et envoie le pauvre Marty aux urgences, le visage brulé par l'acide. Des années plus tard, tout ce petit monde se retrouve convié à une réunion nocturne d'anciens élèves dans le lycée désormais abandonné. Le massacre peut commencer. Le film ne se contente pas d'aligner les victimes de façon mécanique. Il varie les situations, les lieux, les procédés. Chaque meurtre est pensé comme un petit numéro macabre et inventif, ce qui empêche le film de tomber dans la monotonie, piège dans lequel bon nombre de slashers au rabais peuvent facilement tomber. Le film qui avait commencé dans la légèreté bascule dans l'horreur pure et devient particulièrement sombre. Les rares apparitions de Marty avec son masque de fou s'avèrent particulièrement flippantes. La fin vire carrément au fantastique avec des apparitions fantomatiques dans un décors devenus un cauchemar surréaliste baigné de fumée et d'éclairages colorés.
Si je devais tout de même émettre une critique, ça serait que le petit jeu du chat et de la souris final entre Marty et la dernière survivante traine un peu trop en longueur. On pourra aussi s'étonner de certains comportements absurdes des personnages comme une fille qui s'isole pour prendre un bain dans un lycée abandonné ou un couple qui s'envoie en l'air en pleine tuerie mais ce genre de travers sont monnaie courante sans les vieux films d'horreur et la suspension de crédulité est sensée faire son job.
"Slaughter High" n'est pas qu'un slasher opportuniste dans la masse. Il jouit d'une atmosphère unique, délicieusement rétro, poisseuse, cruelle et ludique à la fois., le tout surmonté d'une BO excellente avec notamment le morceau rock "April's Fools Days". Une véritable pépite !