En voilà un film qui divise ! Pourtant inscrit au National Film Registry depuis 1991 pour son importance culturelle, il est impossible de rester impassible devant ce film qui ne veut pas en être un, réalisé par Jim McBride et sorti en 1967.
Nous suivons ici la vie de David qui vient de perdre son travail et qui n'a donc rien d'autre à faire que de filmer sa vie, quitte à en perdre sa petite amie qui apprécie pourtant vivre sous les projecteurs.
Film qui ne laisse pas indifférent car, que l'on s'ennuie ou non, on peut éprouver de la colère face à ce "non-film" dont certains pensent qu'il prend ses spectateurs pour des imbéciles ou alors de la fascination devant ces plans fixes montrant un personnage quelques-fois instable (notamment la présentation du film avec des dialogues très hésitants) ou alors devant ces plans de la ville ou ces interviews de personnages tout aussi atypiques (comme la fille dans la voiture).
Un film particulier donc, un faux documentaire car ce sont des acteurs et qu'il y a une mise en scène mais qui s'amuse tout de même à confondre la frontière entre fiction et réalité. Et c'est justement tout le propos du film car, sans rentrer dans de l'analyse de comptoir, le film dépeint ici avant tout la mise en scène de sa vie, de quelle manière nous agissons en public, en société. Comme le souligne si justement un personnage, David cherche la vérité mais, devant une caméra, elle reste inaccessible car l'angle, la position du personnage dans le champ, ce qu'il choisit de filmer ou non, le montage ; tous ces éléments participent nécessairement à une mise en scène qui déforme alors quelque-part la réalité.
À mon sens, ce que le film cherche à démonter, entre autres, c'est que nous nous mettons continuellement en scène, nous sommes acteur de notre propre vie, en changeant de masque suivant les occasions, vie pouvant être considérée comme une grande pièce de théâtre, ce que la caméra ici ne fait que renforcer.
Néanmoins, je dois avouer que malgré la courte durée du film et l'intérêt que je porte à ce dernier, ce found footage pur et dur à ses limites et j'ai fini par éprouver une certaine lassitude vers la fin.
"Le Journal de David Holzman" n'en reste pas moins un film très intéressant, une sorte d'OVNI qui posera les bases, pour certains, du found footage.