Chang Cheh est un réalisateur Chinois réputé mais je n'ai rien vu de virtuose dans ce film et pourtant difficile ne pas le trouver attachant.


Ce film sur l'ascension d'un jeune paysan bagarreur dans le monde des triades fera forcément songer à Scarface, mais il est bien trop naïf et simpliste pour pouvoir oser la comparaison. Cette histoire n'est là que pour justifier les combats et sans doute mettre en avant sa Star Kuan Tai Chen qui fera tout de même 3 films en 1972. En effet, le passé du héros et les origines de sa puissance restent inconnus, les rôles secondaires sont à peine survolés, pas mal d'évènements sont très simplifiés et on assiste aussi à une bribe d'amourette vite avortée. L'intérêt du film ne va clairement pas reposer sur son histoire très naïve et expédiée mais plutôt sur ses chorégraphies martiales et sa question principale, qui sera le Boss de Shangai ? J'aurai pu dire son héros mais Kuan Tai Chen manque clairement de charisme avec ses 2 expressions, une pour fumer, une pour sourire de manière forcé. Heureusement il se débrouille beaucoup mieux quand il faut utiliser ses pieds et ses poings.


Si le début du film ressemble assez à ce que produit la Shaw Brother en général dans le genre Action en costume, le combat final plutôt violent, lui, sort des sentiers battus mais pas dans le bon sens, la barrière du nanar n'est pas loin (bruit des impacts de poing à côté de la plaque, combat de 10mn avec une hache dans le ventre, utilisation d'un humain comme bélier pour taper sur un autre avec un recul de 20 cm tout en éclatant une poutre, rire surjoué aux portes de la mort,..). J'aurai accepté ces éléments sur une Kung-fu comedy mais ici ce n'est pas le cas, le registre reste sérieux. Pourquoi des idées aussi bizarres et risibles pour mettre en avant la fureur sanglante finale du héros ?


Au final, ce film possède des défauts dans son scénario et le traitement des personnages mais on ressent une volonté de bien faire et des tentatives d'innovation diverses sur un genre très balisé en 72. Et quand le tout est emballé dans une production Shaw Brother (décors somptueux, nombre important de figurants et de costumes) il est dur de ne pas trouver le film attirant.


PS : Le titre français est tout simplement faux, un Justicier qui monte sa triade, pas sur que ça se tienne ;-)
PS2 : A noter la présence de Yi Feng, le Sensei Karateka dans la Fureur de Vaincre de Bruce Lee.

ryosama
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Visionnage Films HK/Chine

Créée

le 8 oct. 2016

Critique lue 548 fois

Matt Pickles

Écrit par

Critique lue 548 fois

D'autres avis sur Le Justicier de Shanghaï

Le Justicier de Shanghaï

Le Justicier de Shanghaï

8

Bavaria

le 6 mai 2010

Suivre

Critique de Le Justicier de Shanghaï par Mickaël Barbato

Un film qui ne vaut presque que pour son incroyable final, filmé par Chang Cheh, qui est entré au panthéon des séquences les plus marquantes du cinéma HK. Le gang des haches qui s'abat sur ce...

Le Justicier de Shanghaï

Le Justicier de Shanghaï

8

Sacre_vandale

le 28 nov. 2020

Suivre

"Tous les jours à Shanghai certains montent, d'autres chutent"

Nouvel opus mafieux plus contemporain de Chang Cheh. Après avoir adoré Vengeance et avoir eu un peu plus de mal avec Duel Sauvage, quand est-il de ce pseudo Scarface à la sauce Chinoise comme disent...

Le Justicier de Shanghaï

Le Justicier de Shanghaï

7

SimplySmackkk

le 26 août 2014

Suivre

Scarface chinois

Dans ma quête de Culture Totale, j'ai pu voir passer à plusieurs reprises le nom de la société de production Shaw Brothers, ici-même ou en lisant l'excellent magazine Metaluna. Avec la Shaw Brothers,...

Du même critique

Je veux manger ton pancréas

Je veux manger ton pancréas

5

ryosama

le 9 avr. 2019

Suivre

Un Pancréas qui ne se mange qu'à moitié

Un film d'animation dans la lignée de A Silent Voice, avec comme d'hab des pattern à la "Your Name" (très gros succès donc recette à suivre j'imagine), le générique et la musique surtout. C'est...

Les Crados, le film

Les Crados, le film

1

ryosama

le 3 oct. 2015

Suivre

Critique de Les Crados, le film par Matt Pickles

Quelle ne fut pas ma surprise quand je découvris il y a quelques mois qu'il existait un film live "Les crados", vous savez la célèbre série d'albums de stickers relativement déviante que les gosses...

L'Habitant de l'infini

L'Habitant de l'infini

8

ryosama

le 15 août 2021

Suivre

Un Chambara qui tranche !

Un chambara seinen qui tranche clairement avec le genre, c'est très mature, très cru et bien gore, ici pas de duels qui dure 6 épisodes à la shounen avec des dialogues inutiles et interminables, ils...