Un film assez atypique , car sous son aspect light , esthétisant, sorte d’histoire romantique à la « Paul et Virginie », de ces deux jeunes enfants perdus seuls sur un île déserte , le film arrive à nous toucher , car il nous ramène à la genèse du genre humain, par tout une série d’enchainement de la « première fois » .
Cela nous ramène à une analyse très « Darwinienne « , de l’évolution , allégorie de Adam et Eve , puis comment les hommes préhistoriques ont pu comprendre, appréhender : les premières règles des femmes , comment le process de l’enfantement a pu être compris.
Pas de biologiste , pas de médecin , les deux héros sont abandonnés jeunes enfants sur cette l’île paradisiaque, vont vivre leur adolescence seuls , comme le 1er homme et la 1ere femme : les poils de puberté qui poussent , la découverte du désir , de la masturbation , des menstruations ( magnifique scène des premières règles sous une cascade champêtre ) , puis du désir ,le 1er baiser, de l’attraction , puis la découverte du plaisir , sans aucune « formation » , ou éduction , de l’enfantement ,puis de la maternité, comment des mystères ancestraux , d’où cela vient il pourquoi, ce ventre qui grossit , ce ventre qui bouge . Tout cela est très astucieux et très crédible, il nous ramène aussi à tous les cultes tribaux , des civilisation oubliées ,le culte du sacré ( clin d ’œil avec ces aborigènes qui viennent exécuter un rituel sacrificiel sur leur île) le passage à la puberté comme passage initiatique dans toutes les civilisations. Les images sont superbes, la nudité des personnages souvent montré du doigt , est très chaste, on ne voit quasiment jamais rien ,on devine plutôt, les plans sous-marins sont superbes, beaucoup d’empathie aussi avec le personnage du vieux marin qui les accompagne au début, ou avec l’effleurement du sujet des peuples primitifs locaux. Les deux acteurs sont formidables et bien sûr Brooke Shields est fantastique en Eve/Madonna/ Virgo , digne d’un tableau de Boticelli .
Un film donc vraiment riche , plus complexe qu’il y parait, et qui représente un certain marqueur du cinéma, et que l’on ne pourrait probablement plus faire aujourd’hui.