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le 14 avr. 2014
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C'était le titre parfait pour cette critique. C'est ce que dit, à quelques mots près, le personnage de Laurence Olivier à Michael Caine lors du dénouement final du film. Visiblement, Mankiewicz n'a pas compris cela.
C'est un peu fastidieux Le Limier. Peut-être que je suis simplement fatiguée de ce cinéma de la maîtrise, de l'entourloupe, du coup de poker, peut être que j'en ai trop vu, peut être que je n'y crois plus. Il y a de quoi faire, dans l'histoire du cinéma, il y en a, du plot twist, et des retournements de situations à se tirer les cheveux. Il y en a des inversements de rapports de domination entre personnages et des grands dénouements magistraux, il y en a chez Fincher, chez Scorsese, chez Nolan, bref, la liste est longue et ça ne sert à rien d'épiloguer.
Le Limier est un film de jeux de pouvoirs entre deux hommes de deux classes sociales différentes, les deux seuls acteurs du film, que j'ai cité au préalable. L'un des deux, Laurence Olivier, semble d'abord avoir le contrôle de la situation, puis, je dirais, après une heure de film, la situation se renverse, donnant l'avantage à Michael Caine pour la deuxième heure du film. Jusqu'ici, j'y croyais et cela se passait relativement bien, même si Mankiewicz commence au bout d'un moment à manquer cruellement d'inventivité formelle. En fait, le duel de pouvoir se jouait là aussi entre le théâtre et le cinéma, comme dans tous ses autres films. Simplement, si les propriétés cinématographiques ne sont là que par usage, ça devient vite du théâtre filmé. Bon, passons.
Arrive alors le dénouement final, dans lequel quelques banalités sur l'honneur et l'humilité sont échangées, et où dans une grande confusion et un chaos d'informations indigeste, les deux protagonistes jouent au jeu de "qui d'entre nous deux arrivera le mieux a tromper l'autre ?". C'est à ce moment, que ça ne marche plus pour moi. Le film tombe dans un écueil qui est celui du relativisme. Si tout peut être vrai et tout peut être faux également, les valeurs de vérité et de fausseté s'effondrent et plus rien n'a de sens. Je me fous de démêler le vrai du faux ou de savoir qui a raison, et qui est le plus grand magicien, prestigidateur, joueur de poker, peu importe comment on appelle ça. Au moment où la vérité, la vraie vérité, promis juré craché, pointe enfin le bout de son nez, elle a perdu tout de son intérêt, car la diégèse ne contient plus de systèmes de valeurs un tant soit peu fiable. Donc, il ne faut pas bluffer trois fois de suite.
Tout n'est pas à jeter loin de là, je retiendrais d'ailleurs particulièrement la scène de cambriolage, très bon court métrage contenu dans un égarement de deux heures vingt. Ici, Mankiewicz déconstruit habilement la scène de cambriolage, Laurence Olivier donne les indications de comment procéder, bout par bout à Michael Caine, tout en étant présent et ayant prépare le rapt de sa propre demeure. Amusant de penser que Mankiewicz a lui même été à ces endroits et probablement, donné, méthodiquement, bout par bout, les indications de comment procéder à cette scène aux deux acteurs. Là il fait quelque chose d'intéressant. Dommage que le reste soit si tortueux et se donne autant d'envergure pour si peu d'effet.
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