Quand je me suis mis en tête de revoir Le Maître d'école, je pensais revoir un petit film d'enfance sorti en 1981, globalement sympathique et porté quasi uniquement par le talent et la célébrité de Coluche, son acteur principal, et qui serait sûrement très vieillot. Si c'est un peu le cas sur certains points, je dois dire être assez surpris de voir ce que propose le film et le côté assez visionnaire qu'il dégage...
Réalisé par Claude Berri et sorti en 1981, à une époque où Coluche n'allait pas bien et avait besoin de penser à autre chose, on suit l'histoire de Gérard Barbier, nommé instituteur remplaçant à une époque où on manquait cruellement de candidats au poste. À une époque ? Pas vraiment. Si le côté vieillot que j'évoquais un peu au début de ma critique est légèrement présent sur certains passages (le débat sur l'homosexualité passerait pour franchement réactionnaire aujourd'hui), je ne peux m’empêcher de me dire que le film serait taxé de « wokisme » aujourd'hui. On retrouve étrangement beaucoup de choses dont on parle beaucoup de nos jours comme si c'était une nouveauté : le manque d'effectifs, les dépressions des enseignants, le non-remplacement par l'académie, les élèves qui sont « soi-disant » plus chahuteurs qu’auparavant, le manque de soutien des parents ou encore le racisme latent parfois. En fait, en le revoyant, j'ai été non seulement surpris par sa qualité et son message, mais j'ai fini par me dire que certaines personnes devraient clairement le revoir. On regrettera peut-être la musique oubliable ou la conclusion un peu trop décevante à mon goût, mais le tout reste surprenamment très bon.
Un film que je vous conseille donc chaudement et qui devrait être remis au goût du jour. Si vous ne l'avez jamais vu ou que ça fait longtemps que vous ne l'avez pas revu, je vous conseille fortement de le tenter, vous pourriez être, vous aussi, surpris.