Le réalisateur, John Brahm, est surtout connu pour quelques films noirs réalisés entre 1944 et 1946. Certains, d'ailleurs, comme Hangover Square ou The Lodger, sont de très grandes réussites. Ici, un peu en bout de course, il s'attaque à un sujet religieux, celui de Fatima, ville du Portugal dans laquelle une étrange dame serait apparu à trois enfants en 1917. Le film contient quelques lourdeurs idéologiques; il transforme le Portugal laïque et libéral de l'époque en République socialiste (!), ce qui pour un Américain en plein maccarthysme doit être la même chose. Le reste correspond pour autant qu'on accorde foi aux manifestations de ce type. La qualité du film réside essentiellement dans son absence de mièvrerie et dans le fait qu'il montre bien l'attitude des trois enfants en butte à l'hostilité du monde adulte. La mise en scène de Brahm, sans être aussi inspirée que celle de ses chefs d'oeuvre, n'est pas sans talent. Il est intéressant de constater que la version qui fut diffusé en France est moins lourdement pro-cléricale que la version originale américain. Les dialogues sont clairement allégés dans la VF. Un parti communiste à 25 % explique largement le phénomène. Quoiqu'il en soit, un tel film peut mettre à l'épreuve votre anticléricalisme.