Le miroir à deux faces met en scène deux acteurs dans des rôles qui ne leur sont pas habituels : Bourvil qui incarne Pierre, un homme mesquin, odieux, aux gros sabots, à l’esprit étroit, calculateur, à courte vue, et Michèle Morgan qui incarne Marie-José le rôle d’une femme mélomane au physique ingrat mais d’une grande sensibilité.
D’un côté un homme qui se satisfait de ce qu’il a, qui rabiote même sur ce qu’il peut avoir, y compris son voyage de noce… de l’autre, une femme et ses rêves, ses désirs d’être heureuse et qui garde espoir d’un possible meilleur.
Tous deux brillent dans ce film au scénario original. L’histoire nous est racontée par Pierre en voix off. L’histoire qui se déroule sous nos yeux ne collant pas vraiment avec ses commentaires qui révèlent un homme tout à fait inconscient de lui-même et des besoins de sa femme et un homme responsable de son propre malheur… Dommage que Bourvil n’ait pas eu l’occasion de jouer davantage de rôle dramatique, car il se révèle très bon. L’année 58 le lui en a encore donné l’occasion dans Les Misérables où il campe un odieux Tenardier.
Le film n’est pourtant pas sans faiblesse. La transformation psychologique de Marie-José n’est pas très convaincante. Cela prend un peu plus de temps à une personne pour évoluer à ce point. C’est un aspect qui aurait pu être travaillé de façon plus fine.
Le miroir à deux faces, un drame qui pose la question de la place de la beauté physique dans l’amour et qui pose tout simplement la question de l'amour.
J’t’en foutrais moi des Venise, des 5e symphonie, parce que Beethoven, moi j’l’emmerde, en avant et musique !