Sorti 7 ans avant The Wicker Man, Le mystère des Treize semble en être un étrange jumeau puisque son intrigue se déroule dans un petit village reculé en France où sévit une secte pratiquant des rites obscurs...
Ainsi, le film en question se fond complètement dans le folk horror, genre qui se définit selon l'auteur Adam Scovell* par une histoire nous présentant une terre isolée et régie par un système de pensée et de morale directement hérité du folklore ou du paganisme. Ce système étant différent de celui de notre société actuelle, il crée inévitablement un sentiment d'inconfort voire d'horreur.
Le Mystère des treize pourrait donc, au vu de sa date de sortie antérieure à celles de films comme la Nuit des Maléfices ou The Wicker Man, apparaître comme un des pionniers du folk horror même si en réalité, il n'en partage pas du tout le côté naturaliste, voire organique, préférant adopter un style gothique proche des Innocents et des romans de Shirley Jackson. Il faut dire que le décor principal du film (un immense château médiéval surplombant le village) invite à ce genre d'atmosphère.
De plus, le réalisateur J. Lee Thompson semble parfois ne pas très bien savoir où emmener son récit, ajoutant de nombreuses intrigues secondaires à base de mystères, de fantômes et d'enfants ayant des pouvoirs magiques, ce qui dilue l'aspect folk dans d'autres genres horrifiques.
Tout ces éléments donnent un film à la construction narrative assez curieuse mais qui parvient cependant à créer un univers et des scènes fascinants où la tension et la peur se mêlent à une certaine beauté macabre. Il faut également souligner le casting prestigieux du film avec pour ne citer qu'eux, Deborah Kerr, David Niven, Sharon Tate et Donald Pleasance.
* voir le livre Folk Horror :Hours of Dreadful and Things Strange