Le Nom de la rose, réalisé par Jean-Jacques Annaud, est un thriller médiéval qui transforme une abbaye isolée en théâtre d’angoisse et de suspicion.
Le casting impressionne par son aspect presque grotesque, une véritable cour des miracles dominée par le flegme magnétique de Sean Connery en Guillaume de Baskerville. Tous les moines marquent l’esprit, avec une mention spéciale à William Hickey, dont la présence accentue le malaise général, tandis que Christian Slater paraît trop limité avec une expressivité répétitive. J’ai été happé par cet effet de vase clos parfaitement maîtrisé, où l’atmosphère mystérieuse et oppressante évoque parfois la rigueur d’un thriller (avec quelques échos du ton de Eyes Wide Shut), mais transposé dans un décor monastique. La critique des dérives religieuses est frontale et efficace, faisant de l’Église une entité presque sectaire. Seul le grand brasier final m’a semblé en faire trop, avec un faux suspense un peu appuyé.