Il y a encore (et toujours) un chat dans l'histoire.
Une fois mort, le petit oiseau disparaît. Alain Cavalier lui fait construire un tombeau, qui devient lieu de pèlerinage.
Autour de celui-ci, il explore plusieurs vies qu'il regroupe pour former une ode à la vie.
Cavalier saisit des instants, des idées autour desquelles le film se construit. Cavalier écrit grâce au cinéma les moments d'une vie par laquelle il se laisse porter. Toujours la caméra en main, il a l'œil disponible aux éléments dont le film a besoin, pendant environ deux ans: le petit oiseau, un jeune homme, les saisons, deux jeunes filles, des gens de passage mais surtout des objets, les vecteurs de son art. Le héros est peut-être le petit robot rouge alias Ulysse, un explorateur vecteur du film.
C'est un film autobiographique dans le sens où il témoigne et manifeste des instants vécus par Cavalier, et qu'il est un voyage dans son imaginaire. A travers deux jeunes filles, Ulysse et Jésus, des lieux, sa voix, il écrit la beauté, la jeunesse, la famille, des individus... Le spectateur ne voit le Paradis qu'à travers l'œil curieux et opportuniste de Cavalier.
Le paradis est l'œuvre généreuse d'un poète du cinéma qui écrit et assemble l'instant pour construire un monde d'objets visuels, sonores, culturels et personnels. C'est un tout signifiant qui construit son sens, grâce à celui qui l'a en main. Par la force du hasard et de l'imagination, Alain Cavalier a construit un univers, qui est à la fois sien, celui des protagonistes du film, et celui perçu par le spectateur.
Le Paradis est finalement un retour, ou plutôt un détour en enfance par un homme qui prend son temps, à qui il n'importe que de saisir le goût de la vie, de l'amplifier par le cinéma et de le transmettre.
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