Le parfum d’Irak est un film français réalisé par Léonard Cohen, sorti en 2024. Ce documentaire retrace le parcours de Feurat Alani, franco-irakien ayant grandi à Paris, dont l’histoire personnelle et familiale est indissociable de celle de l’Irak, de la dictature de Saddam Hussein à l’occupation américaine. À travers le regard successif d’un enfant puis d’un jeune adulte devenu journaliste, le film propose une plongée intime dans un pays ravagé par la guerre, la violence politique et les fractures historiques.
Le film frappe par la justesse de son point de vue, à la fois intime, pédagogique et profondément politique. Le récit parvient à rendre lisible une histoire complexe, marquée par l’embargo, la montée des mouvements islamistes et l’escalade de la violence, sans jamais tomber dans la simplification outrancière. La vulgarisation est claire, rigoureuse et accessible, tout en conservant une nuance rare, digne des œuvres les plus solides du genre. Le travail visuel de Léonard Cohen impressionne par son intelligence formelle : une animation en aplats de couleurs, proche du pictogramme animé, qui pourrait sembler basique au premier abord mais révèle une grande sophistication dans les transitions, le mouvement et le cadrage. L’imagerie est pensée avec une précision remarquable, créant une harmonie puissante entre images et son, et donnant au récit une force émotionnelle et sensorielle constante. Cette leçon d’histoire, incarnée et vécue, se révèle captivante du début à la fin.
Certains spectateurs pourront ressentir une certaine uniformité de ton dans la progression du récit, tant la volonté d’expliquer et de contextualiser prime sur la variation narrative. Cette approche, assumée et cohérente, limite néanmoins l’impact de certains moments qui auraient gagné à être davantage suggérés que démontrés.
Le parfum d’Irak s’impose comme une œuvre forte, percutante et essentielle, qui prolonge avec intelligence le travail entamé par le roman graphique et la série du même nom. Salué pour sa clarté, sa rigueur et son audace visuelle, le film marque durablement par la qualité de son regard et la maîtrise de son langage cinématographique. C’est un documentaire marquant, aussi instructif qu’émouvant, qui mérite pleinement d’être vu et retenu comme une référence contemporaine sur l’histoire récente de l’Irak.