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le 6 janv. 2011
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Voilà que je découvre "Le Parrain" quasi 55 ans après son apparition.
J'avais beaucoup d'appréhension au démarrage. Le thème de la mafia ne m'attirait pas particulièrement et, surtout, la réputation du film et ses presque trois heures me faisaient craindre une expérience assez longue et violente. Finalement, j'ai été très agréablement surpris. J'ai réellement pris du plaisir devant le film et, contre toute attente, je n'aurais même pas été dérangé s'il avait duré encore plus longtemps.
Le début m'a pourtant demandé un certain temps d'adaptation. La scène d'ouverture, puis le mariage, m'ont paru un peu longs, notamment parce que le film introduit énormément de personnages en très peu de temps. Il faut être attentif pour mettre des noms sur les visages et comprendre les liens entre chacun. Une fois cette première phase passée, j'ai trouvé le rythme beaucoup plus convaincant. Il est suffisamment soutenu pour ne jamais vraiment ennuyer, tout en restant assez posé pour permettre de suivre une histoire qui s'étale dans le temps et implique de nombreux personnages.
Le film réussit quelque chose d'assez étonnant : nous faire entrer au cœur d'une famille criminelle au point de nous faire éprouver de l'empathie pour certains de ses membres. Les Corleone ont leurs propres règles, leurs propres valeurs et une véritable conception de la famille. Leurs méthodes sont évidemment condamnables, mais le film ne les réduit jamais à de simples « méchants ». On comprend leurs motivations, leurs relations et leurs conflits, ce qui rend leurs destins beaucoup plus impliquants.
Don Vito Corleone est sans doute le personnage le plus impressionnant et charismatique. Il impose son autorité sans avoir besoin de hausser la voix, le ton, sans même être menaçant, il transpire le pouvoir. Il place la famille au-dessus de tout, possède une véritable éthique personnelle et semble même parfois étonnamment bienveillant malgré les activités qu'il dirige. Marlon Brando est absolument exceptionnel. Sa voix, ses mimiques, sa façon de parler et surtout son incroyable présence donnent au personnage une personnalité immédiatement reconnaissable et parfaitement juste
Mais si j'ai parlé de Don Vito comme étant impressionnant, c'est bien le personnage de Michael qui est le plus fascinant !
Au début du film, Michael veut clairement se distinguer de sa famille. Héros de guerre, il revendique son indépendance et affirme ne pas être comme son père et ses frères. Pourtant, lorsque sa famille est directement menacée, quelque chose change en lui. Petit à petit, il entre dans ce monde qu'il voulait éviter, jusqu'à devenir celui qui prend les décisions. Cette transformation est probablement ce que j'ai trouvé de plus intéressant dans le film.
Michael ne devient pas simplement un nouveau chef, un nouveau Parrain, il devient progressivement un homme beaucoup plus froid et calculateur que celui que l'on connaissait au début. Son ascension est fascinante parce qu'elle se fait progressivement, presque naturellement. À mesure que le film avance, il devient de plus en plus évident que c'est lui qui décide.
La scène finale, lorsqu'il est officiellement devenu le nouveau Parrain, fonctionne alors parfaitement : tout ce que le film nous a montré depuis le début aboutit à ce moment.
Santino "Sonny" Corleone m'a également beaucoup marqué, mais pour des raisons différentes. Il est fougueux, impulsif et veut constamment être le meilleur. Il représente presque l'inverse de Michael : là où Santino agit avec ses émotions, Michael apprend progressivement à contrôler les siennes. Enfin, le concilieri Tom Hagen remet un peu de justesse et de normalité dans ce monde. Son calme, sa maîtrise et son rôle de voix de la raison en font un personnage auquel je me suis particulièrement attaché.
La violence présente dans le film est très efficace. Le film ne passe pas son temps à multiplier les fusillades, et à toujours surecnhérir. Cela permet à celles qui surviennent d'avoir un véritable impact car cela a été bien préparé, bien amené.
La tentative d'assassinat de Don Vito, l'exécution de Santino, les meurtres commis par Michael ou encore la séquence du baptême m'ont toutes marqué. La violence est préparée, puis arrive parfois brutalement, ce qui la rend beaucoup plus forte.
La scène du baptême est probablement l'une des plus impressionnantes du film. Le montage entre la cérémonie religieuse (ou Michael renonce à tous péchés, toutes violence) et en parallèle, les assassinats des différents chefs mafieux (commandité par Michael) crée un contraste extraordinaire entre la pureté apparente du baptême et la violence des actes de Michael. Il ne s'agit plus seulement de raconter ce que Michael est devenu : le film nous le montre en associant directement son accession au pouvoir à une série d'assassinats. C'est une scène magistrale et qui représente, à mes yeux, l'aboutissement de l'évolution du personnage.
La réalisation ne m'a en revanche pas consciemment marqué. J'ai trouvé le film très fluide, avec de magnifiques décors, costumes (et voitures surtout !!), mais je n'ai pas suffisamment remarqué le travail sur la lumière et le fameux "clair-obscur", étant davantage concentré sur l'histoire en elle-même et l'évolution des personnages
J'ai trouvé la musique relativement discrète sans une multitude de thèmes marquants, à l'exception évidemment du célèbre thème associé au passage en Sicile de Michael
La mort de Santino et surtout ensuite celle de Don Vito m'ont particulièrement touché. Et en réalité c'est la force de la réalisation et de la durée du film. On passe presque trois heures avec des criminels et pourtant, quand ils partent, je suis réellement triste pour ces personnages. Coppola ne cherche pas à nous dire que les Corleone sont des gens bien. Il nous donne suffisamment de temps pour les connaître afin que nous finissions malgré tout par nous attacher à eux.
Au final, Le Parrain est un film que j'ai découvert plus d'un demi siècle après sa sortie et j'au beaucoup plus apprécié que je ne l'imaginais. L'histoire est passionnante, les personnages sont extrêmement bien construits et l'univers est suffisamment riche pour que l'on ait envie de rester pendant près de trois heures.
Depuis longtemps déjà considéré comme un monument du cinéma, il propose une histoire de famille, de pouvoir et de transmission qui dépasse largement le simple film de gangsters.
Et finalement, c'est peut-être ça qui m'a le plus surpris avec "Le Parrain". Malgré son statut de monument, je n'ai pas eu l'impression de regarder simplement « un vieux classique ». J'ai eu l'impression de découvrir une histoire qui fonctionne encore aujourd'hui.
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il y a 6 jours
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