En prenant soin d'exposer en première partie la pyramide sociale - la cascade du mépris de classe comme la solidarité communautaire - des campagnes égyptiennes dans les années 1940, Henri Barakat inscrit cette histoire de viol et d'infanticide dans un cadre plus large, celui d'un système d'asservissement de la paysannerie où c'est d'abord la faim qui orchestre la tragédie.
Aussi, dans la tradition du cinéma social nassérien, le renouveau des solidarités et l'affranchissement de ses préjugés par la communauté autour de la femme en souffrance doivent-ils coïncider avec la prise de conscience de classe et le sursaut collectif face aux abus des propriétaires terriens. Et le corps de 3aziza, violée dans un champ dont elle tente d'avorter le fruit haram avec une meule, s'assimile aux terres exploitées du Delta, jusqu'à s'incarner dans un arbre sous l'ombre duquel elle donna la vie, puis la mort.