Goscinny or not Goscinny ? C’est apparemment la grande question qui divise les critiques/spectateurs devant ce film. J’ai la faiblesse de penser qu’Anne Goscinny ayant participé à l’élaboration du film, le résultat respecte à peu près l’esprit des aventures concoctées par son père et Sempé. Et j’ai également la faiblesse de penser qu’une adaptation n’est pas non plus un simple copier/coller et permet donc aussi aux scénaristes d’apporter leur propre vision des personnages et de l’univers créé par les premiers auteurs. En cela, cette « polémique » ne me paraît pas fondée.


Le choix de Laurent Tirad ici se défend. Il présente une France de carte postale des années 50-60, idéalisée et plutôt toc. Dans ce prolongement, les personnages sont tout naturellement très caricaturaux. A mon sens, les enfants sont plutôt à leur avantage. Fidèles à leurs modèles, ils bénéficient d’une interprétation globalement juste qui fait beaucoup dans la réussite de ce film. Si les adultes sont moins pertinemment retranscrits et occupent certainement trop l’espace, l’intrigue trouve justement son équilibre dans ce point de rupture entre le monde des adultes et celui des enfants. Celui des adultes est peut-être trop propre sur lui mais il s’agit de ne jamais oublier que tout est vu par les yeux de Nicolas. Au final, la seule véritable faiblesse du film est de ne pas parvenir à trouver ce deuxième niveau de lecture que proposait Goscinny. Ici, on s’en tient au premier et on doit donc se contenter d’un propos enfantin qui ne va donc pas très loin.


Mais l’essentiel est là. Au-delà de son côté trop lisse, le film est drôle et on retrouve bon nombre de gags qui, à dix-douze ans, nous amusaient à la lecture de ces récits. Le résultat est tout à fait honorable parce qu’on sent que tout ceci a été fait avec affection et respect. La démarche ne suffit pas pour faire un bon film mais ici l’objectif est atteint. Quant à ceux qui voient à travers ce film une certaine idée de la France, à savoir celle d’un autre Nicolas voire d’une période Vichyssoise, là, il faut vraiment tout arrêter et redescendre des barricades pour se laver deux secondes les yeux et la cervelle…

Créée

le 6 avr. 2021

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