Le Point de non-retour par Quantiflex
" Le point de non retour" (1967), qui comme par hasard a un bon titre en Français, ( "Point Blank" veut dire "à bout portant" mais avait déja été pris pour traduire le film de Siegel "The killers", parce que "les tueurs" avait déja été pris en 1946 pour traduire " the killers", le film de Siodmak, c'est pourtant simple ), ce film, disais-je donc, est un de mes films de chevet.
Je ne crois pas qu'il ait beaucoup vieilli, mais tant mieux si certains films ont vieilli.
Tallis, Fats Waller, Big Maceo, le Requiem Allemand, Balthus, Buster Keaton, "La splendeur des Amberson" aussi, ça a sans doute vieilli, mais il y a peut-être plus solide à faire comme critique.
J' adore l 'étrangeté et le climat onirique de tout le film.
J 'adore le montage du film et notamment ce travelling arrière sur Lee Marvin entrecoupé de courts flash backs .
J' adore les fringues et les voitures de ces années là, même si elles n' ont pas été fabriquées par Boorman.
J' adore Angie Dickinson et la robe que Boorman a choisi pour elle,
J' adore la scène ou elle dîne avec Lee Marvin, qui fait penser à du Antonioni,
J 'adore le personnage de Lee Marvin, rocheux et aimanté dans un monde de rampants.
J 'adore la musique opaque et onirique de Johnny Mandel, qui me fait penser à du Gagaku.
(d'ailleurs, dans tous mes films préférés, j' adore la musique).
Pour ne citer qu'une scène, toute la scène dans le chenal à sec du fleuve Los Angeles, ou le tueur se gare calmement au bord du trafic, sort calmement son fusil comme s'il sortait son picnic, et abat le mauvais homme.
Par dessus tout, j'adore cette brume énigmatique qui plane sur tout le film, et cette vision que tous les personnages sont des fantômes, des spectres temporels sur la piste que Walker a décidé de remonter jusqu'au bout.
"La société n'est qu'un jeu ou chacun a un but séparé,des intérêts à part, un plan à faire réussir " Byron.
Une petite curiosité :
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=BY4bL_bO8sA