Malgré de multiples incidents et problèmes rencontrés lors de séquences tournées en Tchécoslovaquie, cette production très hollywoodienne reste cependant un solide film de guerre sur les derniers mois de la Seconde guerre mondiale, alors que les Alliés ont pénétré en Allemagne (l'action étant située en mars 1945). Scandé par un thème musical récurent et efficace d' Elmer Bernstein, le film affiche la vigueur de sa mise en scène due à John Guillermin, spécialiste des productions à grand spectacle (on lui devra la Tour infernale en 1974, et King Kong en 1976). Le fait que Américains et Allemands veulent successivement détruire ou conserver ce pont de Remagen, dernier pont sur le Rhin, rend justement compte de la vacuité de la guerre ; le film ne prend d'ailleurs parti ni pour les uns ni pour les autres, les officiers américains comme le général Shinner et le commandant Barnes qui envoient imperturbablement leurs hommes à la mort sont aussi écoeurants que leurs ennemis.
Moins manichéen que dans la plupart des autres films de guerre, le scénario dénonce donc les erreurs et les incompétences des 2 camps (l'officier allemand fusillé alors que le pont est pris et la guerre perdue) ; ce constat est bien rendu, c'est pourquoi le film gagne à être mieux connu, il est en plus soutenu par une interprétation homogène, dépourvue de stars, avec seulement d'excellents acteurs de second plan, dont beaucoup étaient des habitués des séries TV de l'époque, dont notamment Robert Vaughn qui incarne un officier allemand obsédé par le devoir, c'est assez rare pour un acteur américain, alors que dans les années 60, les rôles d'officiers allemands étaient plutôt réservés aux acteurs britanniques. Un très bon film de guerre !