Si à l'extérieur de cette prison du Chili des années 1970, alors que le gouvernement de Salvador Allende était sur le point d'entrer en fonction, l'hétérosexualité était obligatoire, dans la prison décrite ici c’est exactement le contraire : entre Jaime et El Potro s’établit une relation d'amour "noir" comme on disait à l'époque dans les prisons. Une fois devenu el príncipe, Jaime découvre que la prison est un monde, fondé sur les rapports de force mais aussi sur la tendresse et la loyauté.

Paradoxalement, l’enfermement et l’homo érotisme ambiant vont lui permettre de se révéler à lui-même malgré la violence étouffante. Il va connaître l'amour qu'il n'a pas réussi à connaître en liberté.

C'est donc un mélodrame d'amour en milieu carcéral, mais une histoire d'hommes forts qui permet de montrer la montée en puissance d'un homme amoureux de lui-même, vide et sauvage, capable d'entraîner d'autres dans son auto- idolâtrie.

Dans cet endroit coupé du reste du monde résonnent l'amour et la mort comme sonnent les tangos et les guitares .

La passion, où l'homosexualité n'est même pas une option, est un mode de vie, un plein de peaux, de peurs et de douleurs. La loi du plus fort s'exerce entre grognements et étreintes fortes et murmures qui passent de bouche en bouche.

Certaines critiques mentionnent la représentation excessive des relations homosexuelles, de la masturbation et des organes génitaux masculins par le réalisateur. Ce choix est influencé par le ton et la narration. Elles ne sont pas gratuites : les trois scènes de sexe illustrent des aspects importants de l'histoire.

Histoire de prison pour mâles très macho qui ronronnent comme des chats. On pense un peu à Querelle.

Le réalisateur dont c'est le premier film a derrière lui une longue carrière de directeur artistique et ça se remarque dès le premier plan : Une flaque de sang qui coule d'un cou tranché et que l’on suit jusqu’aux chaussures de son assassin.

Le point de vue narratif est intéressant : le drame carcéral étant déjà abondamment représenté au cinéma, pourquoi ne pas laisser à quelqu'un le loisir de se concentrer sur d'autres facettes humaines de ce qui peut s’y passer ?

Le rythme est soutenu, les interprétations pourraient rendre jaloux bon nombre d 'Oscarisés.

La fin que certains considèrent prévisible est simplement cohérente.

Une histoire de passage à l'âge adulte violente et brutale.

Du bon cinéma.

#henrimesquida #cinemaetlitteraturegay

HenriMesquidaJr
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le 2 juil. 2025

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HENRI MESQUIDA

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