Soyons honnête, le point fort de ce film d’espionnage tardif est son casting. Porté par le toujours aussi flegmatique Michael Caine, par un Pierce Brosnan en agent antipathique ou encore par Joanna Cassidy dont la courte prestation reste mémorable, l’ensemble fait réellement confiance à ses acteurs. Cela est d’autant plus vrai que le récit ne brille pas par son originalité ni par son efficacité. Le prétexte politique est, à ce titre, mal expliqué. On comprend assez mal le véritable dessein de l’officier du KGB, si ce n’est de collecter des éléments pour assembler une bombe nucléaire. Le procédé est franchement un peu gros et la mission de l’agent se déroule de façon trop linéaire. De son côté, la perspicacité de l’agent anglais frôle l’indécence, tant il voit et devine tout dans n’importe laquelle de ses missions.


Ces quelques invraisemblances dans ce type de films où on privilégie le réalisme à l’action est, pour le moins, préjudiciable. On suit ainsi, alternativement, les deux agents, l’un qui fait avancer sa mission et l’autre son enquête, sans qu’aucun grain de sable (ou presque) ne trouble le déroulement linéaire du récit. C’est, à coup sûr, le point faible du film qui ne parvient que très rarement à surprendre et à créer une véritable tension. On ne doute jamais un seul instant que l’opération sera un échec et que notre bon vieil agent britannique agira à point nommé. Quitte à faite preuve d’invraisemblance, on aurait aimé peut-être un peu d’action et que film aille au bout de son propos. En mettant l’accent sur l’alliance de circonstance des deux hommes de pouvoir que sont le chef du KGB et celui des services secrets britanniques, le scénario aurait pu être plus poussé, mais, une fois encore, on a le sentiment que le film ne va pas au bout de ses intentions.


Inévitablement, on comprend que le roman trop dense de Frederick Forsyth oblige à quelques coupes qui occultent l’enjeu international de cette opération de déstabilisation. C’est au spectateur de combler les trous dans la raquette et de comprendre qu’une alliance entre Moscou et Londres aurait pu permettre la victoire de la gauche aux élections britanniques. Mais, honnêtement, avec les seuls éléments que donne le film, c’est absolument impossible à comprendre. Il en résulte un film qui effleure son sujet pour se concentrer sur deux personnages principaux dont la confrontation manque, hélas, cruellement, d'épaisseur L’ensemble se regarde, malgré tout, sans ennui.


5,5/10


Play-It-Again-Seb
5

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le 21 mars 2026

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PIAS

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