Le Rite dans la riche filmographie d'Ingmar Bergman arrive après les retentissants Persona, L'Heure du loup et La Honte, il était donc compliqué de faire mieux d'autant que cette production est un téléfilm possédant moins de budget. L'incipit veut que trois artistes suédois passent devant un juge car un accident (mystérieux aux yeux du spectateur) est arrivé lors de leur tournée avec leur nouveau spectacle censuré. Le scénario est découpé très strictement en plusieurs scènes, avec cartons chapitrés, plaçant de deux à quatre des personnages en situation, ça donne un côté très théâtral volontaire. Une forme rigide en terme de narration et qui est encore plus austère à la vue des thématiques, certes fétiches de Bergman mais particulièrement abscons. La censure, la bureaucratie, les névroses psycho-sexuelles, le théâtre et les règles sociales sont parmi ceux-ci; pourtant les prestations des acteurs sont tellement surjoués, et certainement dirigées dans ce sens là que cela peut provoquer un rejet de la part du spectateur ? Faut vraiment être un habitué, un adepte de Bergman pour l'accepter, c'est vraiment une oeuvre qui est difficile d'accès. La mise en scène est assez caractéristique avec une succession de gros-plans sur les corps et visages, un dépouillement des décors rendant grisâtre le noir et blanc.