Le Sanctuaire était disponible depuis un moment en streaming, il suffit de voir le nombre de critiques écrites à son sujet, alors que sa sortie se fait en toute discrétion. Mais un film cela se voit dans une salle de cinéma, dans le noir et le calme le plus complet, pour mieux ressentir l'angoisse des protagonistes. Sauf que ces derniers temps, les films d'épouvante procure plus d'ennui, que de frissons et celui-ci ne va pas déroger à cette fâcheuse tendance.
Promenons-nous dans une salle obscure, pendant que l'épouvante n'est toujours pas là. Le réalisateur Corin Hardy (dont c'est le premier film) dit s'être inspiré d'Alien, Evil Dead, The Thing et Les chiens de paille. Ce sont d'excellentes références, ce qui est tout le contraire de son film. Je dois avouer que la derniere oeuvre qu'il cite, a effleuré mon esprit durant la projection. Une famille dans un nouveau village qui ne veut pas d'eux, assailli par ces derniers, on peut effectivement y voir une certaine ressemblance. Mais on a souvent vu ce genre de situation, ce n'est finalement pas très original et c'est bien un des défauts de ce film, pillant dans différents longs-métrages, sans avoir sa propre identité.
Des gens normaux dans une situation anormale. La famille s'installe dans une maison isolée en pleine forêt. Un inquiétant voisin; faisant toujours des entrées théâtrales; veut absolument s'entretenir avec le mari Adam Hitchens (Joseph Mawle). Bien évidemment, celui-ci est trop occupé et va finir par s'en mordre les doigts de ne pas avoir été plus sympa avec son voisinage. Il faut dire qu'ils viennent de la grande ville et ne sont pas très appréciés par les ploucs du coin. De plus, Adam Hitchens est là pour aider au déboisement de la forêt. Décidément, il a tout pour ne pas être très populaire auprès des consanguins du village. Mais ce ne sont pas les seuls à ne pas avoir envie de casser la croûte avec lui. Il y aussi les créatures qui errent la nuit dans la forêt qu'ils protègent. Elles ne sont pas très fans de ces nouveaux venus et va vite leur faire comprendre.
Dans la forêt irlandaise, personne ne vous entend crier. C'est surement ça la référence à Alien, non ? Bref, pendant que le mari roule les muscles de ses oreilles décollées. Sa femme Clare Hitchens (Bojana Novakovic) tente de le détendre, tout en protégeant leur bébé, alors que le chien est un peu mis de côté. Qui est le plus utile : le bébé qui ne sert à rien où le chien qui sent la présence des créatures pas très sympas ? Parfois, il faut prendre le temps de se poser quelques secondes pour faire la bonne décision. Mais bon, ils ont fait un choix et vont devoir plaquer leur bébé dans le placard. Oui, vous avez bien lu et j'étais à deux doigts de prévenir les services sociaux. Ils ont fait cela pour le protéger, cela n'est-il pas drôlissime ? Ceci est une des situations les plus hallucinantes de l'histoire des films d'épouvante ne faisant jamais peur. Pour ne pas être déstabilisé, on a aussi les fameux : la voiture qui démarre à la dernière seconde, le coup fatal qui échoue à un millimètre près et autres situations vus et revus, jusqu'à l'overdose. Enfin, ils craignent la lumière (mais pas le feu...) et le fer, un peu comme les vampires, dont ils partagent aussi le désir de ne sortir que la nuit pour éviter la foule et les bouchons, malin.
Pour une fois, je félicite les personnes qui ont vu ce film en streaming. J'aurai dû faire la même chose, mais s'il m'avait plu, je m'en serai voulu jusqu'au lever du jour. Dans cette oeuvre quelconque, on retiendra que l'héroïne Bojana Novakovic ne passe pas son temps à crier où chouiner, ni à se balader en string et se révèle une femme forte. Elle ne sera jamais énervante et tire son épingle au milieu de cette nouvelle déception.