Dans un premier temps, environ trente minutes, cette adaptation de Bergman d'une célèbre pièce de Strindberg pour lequel il avait beaucoup d'admiration est plutôt attirante et étonnante. Mais rapidement l'épaisseur du propos de la pièce, l'opacité des dialogues et des situations refroidit les spectateurs moins habitués à ce genre d'oeuvre. Avec Le Songe, on nous plonge au coeur des rêves ou le temps et l'espace sont des notions plus que vague comme nous l'indique le carton d'ouverture citant Strindberg dans le texte. Faut dire que c'est très long comme film, difficile de rester concentré toute la durée même pour un chevronner comme moi, je suis grand fan du cinéma de Bergman. La mise en scène est pourtant brillante comme toujours avec le maître suédois, à la fois il garde la théâtralité en filmant dans des décors d'une pièce mais sans respecter les codes du théâtre-filmé habituels notamment par l'utilisation répétée de gros-plans spécialité de Bergman rappelons-le. À l'époque de la sortie de ce téléfilm suédois, Bergman était en pleine remise en question et dépression, il ne savait plus très bien ou mener sa carrière et Le Songe est sans doute un exemple de cette impasse dans laquelle l'auteur était.