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le 1 nov. 2011
SuivreEn joue, Démon !
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Pas franchement convaincu par ce thriller très ancré dans sa décennie mais qui souhaite se démarquer par sa dimension fantastique. Le fameux serial-killer qui a hanté les thrillers des années 1990 est, cette fois, un démon séculaire qui passe d’un corps à un autre. L’idée est intéressante et originale mais l’exécution est franchement très laborieuse. D’abord, il faut en convenir, l’esthétique de cette décennie a très mal vieilli avec, notamment, les visions aux couleurs saturées du démon ou ce goût pour des séquences finales dans des lieux retirés où la dramaturgie est supposée être à son paroxysme. Mais ce qui frappe, surtout, d’emblée est la façon dont le réalisateur semble gêné aux entournures par ce mélange des genres. Au fur et à mesure que le film avance, il devient évident que c’est la dimension fantastique qui prend le dessus sur l’aspect thriller. Mais là où Le Neuvième porte par exemple de Roman Polanski réussissait parfaitement la bascule (alors que le film n’a pas grande presse), celui de Gregory Hoblit n’est jamais à la hauteur de ses ambitions. À sa décharge, le scénario est trop mal écrit pour convaincre.
Le souci premier du film est qu’il n’explique rien. À ce titre, il ne comporte aucune révélation qui pourrait scotcher le spectateur. Celui-ci est plongé dans un récit construit en flashback sur le principe d’un mini-twist final et il n’est jamais immergé dans une enquête à proprement dit. Azazel est un démon qui passe de corps en corps, et qui tue des gens parce qu’il est méchant. Pourquoi reste-t-il dans certains corps des jours, des mois voire des années ? Pourquoi ne fait-il que passer chez d’autres à peine quelques secondes ? On ne le saura jamais. Toujours est-il que le spectateur habitué à ce type de formules comprend très vite que tout est prétexte à servir certaines scènes. Comment ne pas juger la scène où Azazel passe d’un corps à un autre dans le commissariat autrement que comme une pure idiotie ? Ces séquences à la limite du grotesque plombent irrémédiablement le film et désamorcent son potentiel.
L’ensemble n’est pas entièrement mauvais pour autant. Certaines idées fonctionnent, l’ironie finale fait mouche et, surtout, un casting quatre étoiles apporte un véritable crédit à l’ensemble. Denzel Whashington est charismatique en diable, John Goodman et James Gondolfini ne peuvent laisser indifférents, et Donald Sutherland en impose. Sans eux, l’ensemble ne pèserait pas plus lourd qu’un téléfilm dans le vent, mais dans le vent dans les années 1990. Très décevant.
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Créée
le 14 mai 2025
Critique lue 26 fois
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le 1 nov. 2011
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