Pas forcément mon style de cinéma favori, mais je voulais découvrir Anaïs Demoustier sous les ordre d'un autre réalisateur que Dupieux, alors je me suis lancé.
Et bien je dois dire que j'ai été agréablement surpris. Katell Quillévéré explore les 30 glorieuses dans une relation tumultueuse. On suit donc un trio familial qui tente de s'extirper des mœurs de l'époque (homophobie, déni de la guerre, patriarcat...),au rythme des révélations, des rencontres et des ellipses qui rythme très bien ce film.
Anaïs Demoustier est ici un véritable caméléon, passant d'une époque à l'autre, jonglant du statut de mère à celui de femme, sans jamais être mise à défaut. Vincent Lacoste à la chance de jouer un personnage timide et studieux, ce qui masque un peu son académisme, contrasté par l'aspect bien plus brut du jeu de Paul Beaurepaire dans la deuxième partie (il aurait pu être un personnage d'un film de Dolan, dont la thématique n'est finalement pas si éloignée).
Cet académisme est toujours frôlé, notamment dans les quelques décors trop propres ou encore dans le conformisme du scénario.
Heureusement, Katell Quillévéré est s'en sort grâce au choix de ses décors, des glaçantes plages bretonnes aux chambres de bonnes parisiennes, c'est une série de tableaux qui témoigne de l'avancée de la famille au fil des décennies.
C'est finalement un joli film, qui n'en met pas plein la vue mais réussi à émouvoir avec délicatesse et sans réelle prise de risque. J'ai beaucoup apprécié Anaïs Demoustier dans ce film, et j'ai maintenant envie de voir d'autre films de Katell Quillévéré pour me faire un avis plus précis de son travail.