7
le 22 févr. 2012
SuivreLa cellule souche
Le Trou... C'est fou comme je l'ai mis de côté, lui, un peu gêné parce que, devant cette déferlante de compliments particulièrement mérités, je sens bien que je vais surtout devoir expliquer ma...
Je continue mon exploration de l’œuvre de José Giovanni avec son premier roman adapté au cinéma : Le Trou, réalisé par Jacques Becker, dont c’est le dernier film. Il mourra un mois avant la sortie. C’est d’ailleurs Giovanni lui-même qui lui rend hommage en introduisant le film.
Il explique que l’histoire est tirée de son expérience à la prison de la Santé en 1947.
OK, c’est inspiré de la réalité, mais ce n’est pas un documentaire. Le Trou est bel et bien un film de fiction. Une fiction qui se veut immersive et réaliste. Le parti pris de sa réalisation en fait un grand film prenant et humain.
Pas de dramatisation, pas de sous-intrigues : on suit simplement cinq détenus dans la même cellule qui préparent une évasion, et c’est tout. Et la mise en scène s’attarde sur la lenteur et la patience. Non seulement c’est très efficace, mais le suspense est dilaté sur la durée. La peur que nos personnages se fassent prendre est présente tout au long du film, tant leur travail d’évasion semble long et compliqué. Chaque petit geste a son importance.
Le film est souvent filmé en gros plans afin de renforcer l’impression d’enfermement et d’étouffement.
La musique est absente du long métrage pour ne pas surligner l’émotion. Mais il y a tout de même une forme de musique : tous les sons de la prison s’apparentent à une partition, particulièrement lorsqu’ils servent à masquer le bruit. C’est, à mon sens, un parti pris narratif très malin.
Seul Michel Constantin est acteur professionnel parmi les cinq détenus. Les autres ne le sont pas, dont l’un est un ancien détenu ayant participé à la fameuse évasion racontée par le film.
Habituellement, je ne suis pas fan de ce procédé, mais ici je n’y ai vu que du feu : tous sont très convaincants et charismatiques.
Le Trou est effectivement un grand film de prison et d’évasion. On y retrouve la marque de José Giovanni : une part de vécu, aucun jugement sur les personnages, simplement le fait de montrer leur humanité. La camaraderie et la loyauté sont déjà au cœur de ce premier roman, et elles traversent naturellement le film.
Pour toutes les raisons citées plus haut, je le qualifie de chef-d’œuvre. Il m’a complètement embarqué humainement, et son suspense est continu sur toute la durée.
Pour finir, je souhaite citer le réalisateur Jean-Pierre Melville, immense cinéaste pour qui Le Trou est un chef-d’œuvre. On retrouve dans ses mots certains thèmes qui traverseront toute son œuvre. Je laisse parler le maître :
« (…) Sa maîtrise, sa maturité lui dictèrent un film immense, où tous les aspects essentiels de l’homme allaient être traités : la dignité, le courage, la fraternité, l’intelligence, la noblesse, le respect et la honte (…). Combien faudrait-il de pages pour énumérer les merveilles de ce chef-d’œuvre, de ce film que je considère — et là je pèse bien attentivement mes mots — comme le plus grand film français de tous les temps ? »
Créée
le 20 déc. 2025
Critique lue 5 fois
7
le 22 févr. 2012
SuivreLe Trou... C'est fou comme je l'ai mis de côté, lui, un peu gêné parce que, devant cette déferlante de compliments particulièrement mérités, je sens bien que je vais surtout devoir expliquer ma...
9
le 30 nov. 2015
SuivrePrison de la Santé, Paris, un jeune homme du nom de Gaspard, propre sur lui et respirant la gentillesse, est transféré dans une cellule exiguë où quatre codétenus y sont déjà entassés. Dans ce...
8
le 4 nov. 2014
SuivreFilm de prison d’un réalisme opaque, « Le Trou » de Jacques Becker raconte l’histoire d’une bande de prisonniers qui vont tenter de s’échapper d’une prison de Paris. Ce récit intense sait...
3
le 22 oct. 2025
Suivrele 23 oct. 2025
Cette suite souffre du syndrome de beaucoup de films actuels : celui d'être une introduction de plus ou moins deux heures et demie, avec un cliffhanger à la fin, ou sur la promesse que ce sera mieux...
6
le 28 déc. 2025
Suivrele 29 déc. 2025
Eh bien, de toutes les suites de la saga, c'est celle-là que j'ai préférée. On est encore loin de la qualité du premier film, mais il est intéressant car il s’intéresse plus à ses personnages, et...
10
le 28 déc. 2025
SuivreJe préfère la version couleur. On sent clairement que le film n’est pas du tout pensé pour être en noir et blanc, on perd en précision dans les détails de l’image.Il y a quelques passages où il y a...