Légère appréhension à l’idée de revoir un film que j'avais bien apprécié, il y a un peu plus de vingt ans.


Avais-je-été capable de discernement ? capable de ne pas me ranger sans aucune réflexion du côté du placide docteur Dandieu (Philippe Noiret) devenu tueur acharné après le massacre de sa femme (Romy Schneider) et de sa fille par des soldats SS ?


Et si le film était simpliste ? s'il instrumentalisait nos vilains penchants ?


Il y avait aussi, me souvenais-je vaguement, ces récurrents flash-back soulignant la douceur de la vie avant la tragédie. Le procédé n'était-il pas un peu grossier ?


J'avais appris par ailleurs entre-temps que la critique était divisée, lors de la sortie du film...



Alors ?



Et bien non, je n'ai pas trouvé que Robert Enrico exploitait nos bas instincts en mettant en scène ce père de famille débonnaire devenu fou de douleur et tenaillé par la vengeance.


Il est d'ailleurs à souligner que cette douleur s'exprime essentiellement à travers la suppression des Allemands : pas de voyeurisme ni de complaisance lors de la découverte du drame (ni après) ; on mesure l'affliction du médecin à travers sa rage à faire méthodiquement la peau aux bourreaux de ses proches assassinés...


La caméra de Robert Enrico virevolte dans les coins et recoins de la vieille demeure, la tension est palpitante, les scènes marquantes. Sans oublier l'excellence du jeu de Romy Schneider et de Philippe Noiret.


Un élément que je n'avais absolument pas oublié au cours de ces deux décennies : la somptueuse et entêtante musique douce amère de François de Roubaix...

yaleker
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.

Créée

le 9 sept. 2019

Critique lue 838 fois

18 j'aime

4 commentaires

Critique lue 838 fois

18
4

D'autres avis sur Le Vieux Fusil

Le Vieux Fusil
Ugly
9

Noiret et sa pétoire

Le Vieux fusil fut un énorme succès en 1975 et fut si mes souvenirs sont bons le premier césarisé, puisque la cérémonie des Césars venait de naître la même année, je revois encore Jean Gabin...

Par

le 10 mai 2019

49 j'aime

31

Le Vieux Fusil
Grard-Rocher
8

Critique de Le Vieux Fusil par Gérard Rocher La Fête de l'Art

C'est du terrible massacre survenu à Oradour-sur-Glane, l'après-midi du 10 juin 1944, dont s'est inspiré Robert Enrico pour réaliser ce film émouvant et terrifiant. Il faut rappeler que ce crime...

49 j'aime

16

Le Vieux Fusil
SanFelice
8

Romy Schneider, la lumière et la grâce

Même si la carrière de Robert Enrico reste riche, avec des films d’aventures à la française (Les Grandes Gueules, Les Aventuriers, Boulevard du Rhum), des polars (Pile ou face) et même un grand film...

le 28 nov. 2020

30 j'aime

3

Du même critique

Le Vieux Fusil
yaleker
8

Doux homme en colère

Légère appréhension à l’idée de revoir un film que j'avais bien apprécié, il y a un peu plus de vingt ans. Avais-je-été capable de discernement ? capable de ne pas me ranger sans aucune...

le 9 sept. 2019

18 j'aime

4

Les Galettes de Pont-Aven
yaleker
9

La quéquette de l'Ouest

J'en conviens : un titre un peu lourdingue... pour un film qui ne fait pas (toujours) dans la dentelle bigoudène. Car le héros des Galettes de Pont-Aven < qui est loin d’être un documentaire...

le 6 août 2019

14 j'aime

6

Relic
yaleker
8

Qu'a fait Grand-Mère ?

Après les belles analyses d'Aurélien WTS et de Red Arrow, je ferai court quant à ce film qui semble hésiter entre l'épouvante et le drame psychologique... mais qui en fait combine intelligemment aux...

le 29 juil. 2020

12 j'aime