Le voleur de pêches est un film sans prétention : un camp de prisonniers, des officiers, parmi ce monde d'hommes, une femme : une seule femme, la femme d'un autoritaire officier bulgare dirigeant le camp. On s'aperçoit rapidement que celle-ci s'ennuie, n'ayant pas le droit de sortir dans le camp, étant clôturée entre les barbelés encerclant la maison où elle loge, elle attend une once de nouveauté qui arrive par dessous ces mêmes barbelés. Un homme vient alors de s'introduire dans la propriété de cet officier autoritaire, dans quel dessein ? Tuer cet officier bulgare, le voler ? non seulement pour manger quelques pêches.

C'est ici que se situe l'intrigue du film, les prisonniers ne cherchent pas dans un premier temps à se révolter mais seulement à se nourrir c'est ainsi pourquoi Ivo, jeune officier Serbe s'introduit là où il y a de la nourriture et au delà de quelques pêches, il y trouve une femme attentionnée, soucieuse contrairement à son mari de ces hommes mourant de faim. Aucune crainte lorsqu'elle aperçoit le jeune Ivo, celle-ci se précipite pour lui chercher de la nourriture : du pain, des légumes et une empathie surprenante d'une femme pour un soldat pourtant ennemi en temps de guerre.

Ainsi se joue une histoire d'amour impossible, risquant sa vie Ivo n'hésite pas à braver les barbelés pour retrouver la Belle. Celle-ci connait l'issue mais nourri d'un espoir dont seul l'amour en connait l'essence, elle s'éprend d'imaginer une vie éloignée de son mari, éloignée de la guerre. La fin attendu de cette dernière nourri cet espoir mais elle symbolise paradoxalement la fin de cette aventure passionnelle.

Ainsi Vulo Radev offre un remake d'un mythe connu de tous : celui de la belle Brunhilde prisonnière de son rocher attendant la délivrance, attendant un héro : le jeune siegfried mais malheureusement le destin s'oppose à leur union. En somme rien de nouveau, une histoire revisitée depuis plus d'un millénaire et pourtant, à travers la caméra de Radev, on se surprend à rêver, à oublier tout simplement l'issue fatal, à privilégier les moments de vies présents alors que la mort reste environnante.
Florens
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le 6 oct. 2013

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