De cette intrigue riche en contrastes et en ressorts pathétiques, l'adaptation cinématographique, le cinéaste et ses acteurs ne nous livrent qu'une version atone, flegmatique et pudique à en paraître froide, presque clinique... Du personnage de Yannis à celui d'Alexandre en passant par celui de Maraki, circulent la même froideur, la même retenue, un peu comme si cette magnifique île de la mer Ionienne servait de décor à un huis clos islando-groenlandais... Le jeu de Bernard Campan, probablement dicté par le metteur en scène, est aussi inexpressif que celui d'un manchot sur la banquise... bref, les options choisies pour éviter le pathos et la mièvrerie, mal dosées, mal orientées, desservent le propos et ne suscitent guère l'intérêt pour une trame de surcroît très, trop prévisible... Quelques personnages secondaires, comme ceux du maire ou du pope, bien incarnés, ne suffisent pas, hélas, à éviter l'ennui du spectateur, tenu à trop grande distance...