L’Engloutie
6.3
L’Engloutie

Film de Louise Hémon (2025)

Une belle expérience visuelle, mais dont l'intrigue peine à nous transcender "au-delà des montages".

Avec L’Engloutie, Louise Hémon signe un film à la frontière du conte, du documentaire et d'un film naturaliste. On se laisser embarquer dans un paysage montagnard hors du temps, isolé et étrange, avec une photographie splendide et une bande sonore dissonante (et étonnante) qui nous rend curieux d'en savoir plus dès le début du film.


Le film offre une expérience sensorielle et immersive qui nous emmène avec peu de dialogues, peu de fioritures, et un réel travail sur les jeux d'ombres et lumières dignes de tableaux de Rembrandt ou encore Caravage.


L’Engloutie donne l’impression de capter quelque chose de fragile et de menacé : une manière d’habiter le monde, de composer avec ses forces invisibles et les peurs qu'elles entraînent, mais qui pour moi aurait gagné beaucoup de forcer à venir brouiller un plus encore les frontières entre réel et imaginaire, pour pousser l'étrangeté et parfois l'absurde pour nous garder en tension tout en gardant sa force évocatrice déjà présente dans la mise en scène.


J'ai été particulièrement sensible aux éléments folkloriques et à la poésie de certaines scènes, qui nous font sourire ou nous surprennent tout autant que Galatea Bellugi qui arrive en étrangère dans un monde qui n'est pas le sien.

Le jeu d'acteur est remarquable, tant pour les acteurs professionnels que non-professionnels qui ajoute une touchante authenticité. Les personnages semblent appartenir au paysage autant qu’ils le subissent. La caméra nous fait l'éloge d'une montagne imposante et magnifique, hostile pour la protagoniste, maternelle pour cette communauté qui vit dans les hautes-Alpes.


Même si le film ne fait pas l'erreur de tomber dans un didactisme pour nous "expliquer" l'univers dans lequel est plongé cette jeune professeure en embrassant une forme de sensorialité par sa mise en scène implicite, l'écriture de l'intrigue reste à mon sens trop vague pour que l'on puisse être marqué par ce qui nous est conté. On se laisse porter, mais on ne se pose pas tant de questions sur l'intrigue ni sur les possibles résolutions de celle-ci.


Pour conclure, un film qui nous offre une belle expérience visuelle, sensorielle et immersive d’un monde en train de disparaître, englouti par la modernité et le silence des paysages, mais dont l'intrigue peine à nous transcender "au-delà des montages".



Sygma
6
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le 2 janv. 2026

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Sygma

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