La clef du film est prononcée en voix off dans la première scène. " Du plus loin que je me rappelle, j'ai toujours voulu être un gangster ". L'histoire qui suit décrit l'ascension et la chute d'un garçon de Brooklyn qui ne voulait pas devenir comme son père un " Mister Nobody ". Il en découle un récit d'apprentissage plutôt classique dans la description du rapport aux aînés (les parents et les parrains, les faible et les forts) dans la construction d'une personnalité et la réalisation d'une ambition. Ce qui sort de l'ordinaire est évidemment le contexte des études de gangster avec ses profs taiseux, ses moniteurs sanguinaires et les condisciples complètement débiles qui ne comprennent pas qu'au lendemain d'un gros casse on n'affiche pas sa prospérité en achetant une Cadillac ou un vison à sa femme. Notre héros réussit finalement ses examens grâce au contrôle continu consistant à participer à des meurtres et à dissimuler les corps (bien filmé, ça rend bien) et à des vols (évoqués de manière plus allusive, c'est moins spectaculaire).
Si l'on n'a jamais rêvé d'être gangster (ou même tout simplement flic), ce genre de démonstration est un peu fastidieux. Seul le plaisir de replonger dans le décor et l'ambiance (en particulier musicale) du New York des années 60-70 peut éventuellement ravir les amateurs de nostalgie. Il va sans dire que le statut de film-culte de cet habile film de gangsters bien dirigé me semble immérité.