Quelle première heure. Dès la première réplique, Martin Scorsese réalise une partition magistrale avec pour point d’orgue la scène mythique « Funny how ? ».
Le casting est incroyable : des acteurs avec des vraies gueules qui contribuent à la texture et à l’alchimie du film; et Scorsese maîtrise parfaitement le rythme et l’immersion notamment avec les plans séquences qui ont fait sa renommée.
Malheureusement, ce rythme se casse à la moitié du film, parallèlement à la structure narrative du rise-and-fall. Les scènes deviennent alors plus chaotiques, plus fades, plus banales. Le ton unique de la première partie, mélangeant humour noir et tension palpable, disparaît. Le souffle retombe. Seule la course poursuite avec l’hélicoptère m’a tenu en haleine. Enfin la conclusion anticlimatique parachève cette cassure, constituant un miroir à l’ouverture du film si percutante elle.
Alors bien sûr cette cassure est volontaire narrativement, à l’image du parcours de Henry Hill, mais en tant que spectateur je n’ai pu m’empêcher de regretter l’énergie du début, au point d’attendre les crédits finaux.