10
le 10 févr. 2015
SuivreLes évaporés d'Hong Kong
La solitude qui s’immisce dans Hong Kong est sans doute le personnage le plus frappant des Anges Déchus. Sa phosphorescence dans la pénombre. Des coups de feu qui agressent. Des courses à pieds...
Un an après l'étrange film Les Cendres du temps, Wong Kar-Wai continue dans l'univers des tueurs à gages et celui qui est leur quotidien, la solitude, dans son cinquième long-métrage, Les Anges déchus. À Hong-Kong un tueur à gage tente d'oublier sa partenaire, il croise le chemin d'une fille excentrique en manque d'affection et d'un jeune muet en manque d'attention.
Les anges seuls
Comme dans son précédent film *Chungking Express*, les personnages de Wong Kar-Wai sont tous en proie à une grande solitude. Du fait de leur profession ou de leur comportement ils ne peuvent avoir de relations durables. Le tueur doit se séparer de sa partenaire pour qui il s'est pris d'affection car dans son métier ce n'est pas permis. Il n'a pas d'amis, et a oublié ses anciennes connaissances. Lorsqu'il en rencontre, il leur ment en leur présentant une fausse photo de famille, s'inventant une vie heureuse qu'il n'aura jamais, et les oublie aussitôt après. Il rencontre cependant une fille aussi seule que lui qui l'embarque chez elle sans doute pour tromper la solitude. Mais celle-ci malgré sa bonne humeur ne lui fait pas oublier sa mystérieuse partenaire. Ces 2 femmes sont en totale opposition, l'une est totalement extravertie et excentrique, l'autre est introvertie et silencieuse, cependant elles sont toutes les 2 seules. Ils croisent He Qiwu, un jeune muet, vivant seul avec son père, utilisant les magasins la nuit pour se faire un peu d'argent et tromper la solitude avec ses clients. Privé de sa voix il tente par tous les autres moyens de se faire des amis ou d'attirer l'attention de la fille qui lui plaît mais ils ne restent jamais longtemps avec lui. Ils se livrent tous à travers la voix-off, se parlant à eux-même, habités par la solitude.
Les anges de la nuit
Les personnages vivent uniquement la nuit, Wong Kar-Wai nous dévoile Hong-Kong de nuit, éclairée de milles lumières comme autant d'âmes errantes. He Qiwu le dit, les gens sont plus étranges la nuit. Elle encourage les gens à révéler leurs sentiments et leurs angoisses. Mais comme ils n'ont personne à qui parler, ils s'adressent à eux-même et c'est le spectateur qui les écoute. La caméra sans arrêt en mouvement donne une impression surréaliste, comme s'il s'agissait d'un rêve, tout semble aussi flou que ces personnages insaisissables. Elle semble aussi libérée des contraintes habituelles au cinéma que les vidéos tournées par He Qiwu qui en fait son moyen d'expression. Tout semble faire partie de son univers solitaire mais rêveur et fou. Les coups des balles viennent parfois perturber ce rêve pour en faire un cauchemar mais celui-ci s'estompe rapidement, perdu dans les bruits de la vie nocturne hongkongaise, perdu dans la bande son mélancolique accompagnant les rêves et espoirs des personnages solitaires.
**Les Anges déchus est une poésie où s'entrecroise la vie de plusieurs personnages solitaires et noctambules. La narration occupant une place secondaire, permet au spectateur d'accompagner plus librement ceux-ci dans leurs déambulations nocturnes, en attendant que le soleil se lève enfin dans leurs vies.**
Créée
le 14 juil. 2015
Critique lue 385 fois
10
le 10 févr. 2015
SuivreLa solitude qui s’immisce dans Hong Kong est sans doute le personnage le plus frappant des Anges Déchus. Sa phosphorescence dans la pénombre. Des coups de feu qui agressent. Des courses à pieds...
10
le 3 mars 2011
SuivreAttention critique purement non objective! Sûrement mon Kar Wai préféré, son meilleur ( j'ai eu au moins l'honnêteté de vous prévenir), et même meilleur que Chunking Express (...et là c'est le...
6
le 11 juin 2016
SuivreC'est au cœur de Hong Kong que Wong Kar-wai nous immerge pour y suivre quelques destins égarés dont celui d'un tueur en gage qui devait composer la troisième partie de Chungking Express. Après la...
1
le 27 nov. 2014
SuivreVoici, mesdames et messieurs le truc le moins écoutable de toute l'histoire de la musique depuis sa création. J'ai cru que mes enceintes étaient niquées.
10
le 19 févr. 2015
SuivreUnder the skin est un film de science-fiction anglais sorti en Juin 2014 en France. Il ne s'agit pas d'une superproduction hollywoodienne tel que Interstellar, il s'agirait plutôt d'un film dans la...
6
le 15 janv. 2015
Suivreà ce qu'il parait ce qu'il parait il s'agit du film préféré de Quentin Tarantino. L'un des meilleurs réalisateurs actuels, réalisant des films dignes du maitre Kubrick, ne peut avoir que des goûts...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème