Les anges portent du blanc est un film chinois, réalisé par Vivian Qu et qui a déjà été auréolé de deux prix. Poétique et intrigant, le titre annonce la couleur… le blanc se dissimulera tout au long du film dans les détails les plus infimes comme les plus visibles. De la statut gargantuesque de Marilyn aux habits que portent les deux jeunes collégiennes, motifs vivants de l’imbroglio à l’origine du récit, le blanc tâchera également de laver le terrible évènement que nous conte Vivian Qu. Un soir, alors que la jeune Mia s’occupe des corvées ménagères dans un hôtel en bord de mer, un homme d’âge mur et deux petits filles se présentent à l’accueil et demandent deux chambres. Dans l'ombre, à travers les caméras de surveillance, Mia découvrira que ce dernier a pénétré dans la chambre des deux fillettes. Ultime et unique témoin de l'agression pédophile, Mia ne pourra pas se défaire de son statut et devra réagir...
Œuvre intimement féministe, la place de la femme (mineure ou majeure) dans cette chine contemporaine se voit bafouée et piétinée. Le combat qui oppose les deux collégiennes de 12 ans à leur agresseur est un long et pénible périple perpétuellement ralenti et freiné dans sa quête de justice.
Du coté de la jeune Mia, sa présence sur les lieux lors de la sordide affaire la transportera dans un voyage initiatique périlleux, dangereux, violent et décisif pour son avenir.
Le blanc n’est pas la couleur de la pureté, ni même des anges. Bien trop habitués à l’associer à ces symboles, nous ignorons que le blanc essuie les impuretés et les vices. Le blanc cache nombre de secrets. C'est dans la délivrance que les couleurs apparaissent.
A la fois touchant et incommodant, les anges portent du blanc est un drame qui nous propulse dans un univers méconnu, une société chinoise qui s’active derrière le décor. Enfin, le soucis de réalisme de la réalisatrice va la pousser à retranscrire l'infinité de sons qui nous entourent au quotidien. Ainsi, les bruits de déglutition, les vibrations des pas qui craquent, la mélodie des jambes de pantalons qui se frôlent résonnent tout au long du film, si bien qu’au sortir de la salle, la seule impression qui subsiste est celle d'être resté coincé dans le drame de Vivian Qu.