Cette comédie populaire culte reste indémodable, chaque diffusion télé fait péter l'audimat, et je crois que comme la Grande vadrouille (qui reste quand même mon préféré), malgré le nombre de fois incalculable que je l'ai vu, je peux le voir et le revoir encore sans me lasser, peu de films ont ce pouvoir. Sinon, si on y regarde bien, le scénario est peu crédible, rempli d'incohérences (notamment des terroristes pas très doués, l'avalanche de quiproquos, ou encore un industriel bourgeois plein de préjugés qui n'arrive même pas à voir que son chauffeur est juif)... mais tout ceci n'a aucune importance, il sert de support au burlesque des situations, et pour permettre à Louis De Funès de faire un grand numéro de comique, car le film repose entièrement sur lui, même si les seconds rôles occupent bien leur emploi, tels Claude Giraud en Slimane, ou Henri Guybet en Salomon... C'est donc un véritable festival De Funès, très speed, qui ne ménage pas sa personne, il en fait des tonnes avec une collection de gesticulations et de grimaces, mais ça plait. Forcément, à ce rythme effréné, le film rassemble un paquet de répliques cultes (Comment, Salomon vous êtes juif ? (..) bon ça fait rien, j'vous garde quand même) et de scènes mémorables (la danse juive rue des Rosiers, sur la musique adéquate de Vladimir Cosma, et surtout celle qui me fait le plus rire, la scène dans l'usine de chewing gum...).
L'autre aspect intéressant de ce film est que derrière la façade du rire, se glisse un message habilement dissimulé, Gérard Oury arrive à caser un message de tolérance et des allusions sur les juifs et les arabes qui à cette époque ont été finalement bien perçues, car je ne sais pas si on pourrait le refaire aujourd'hui ; la fameuse poignée de main en témoigne, par le biais de la comédie, ça fonctionne mieux que tous les slogans politiques du monde.
les Aventures de Rabbi Jacob est un des classiques du cinéma français populaire, et même du cinéma français tout court, qui parvient à traverser les époques, en se transmettant à travers les générations, ça ne vieillit pas et on rit toujours autant, même plus de 40 ans après.

Ugly

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