Les barbes rares. Reviens, Marx !
Des images, plus précisément des photos, qui se succèdent, avec un rythme qui varie, et avec pour seul commentaire quelques mots écrits qui terminent ce film de moins de cinq minutes : « Si la politique est appelée à revenir, ce ne sera que par le côté du sauvage et de l'imprésentable ; là où s'élèvera cette sourde rumeur où se laisse distinguer le grondement : "Nous, plèbe ; nous, barbares !" (Alain Brossat) ».
Au départ, des photos des hommes qui dirigent ce monde, puis des policiers, des sportifs, des mariés, des groupes divers et variés, puis surgissent des visages, souvent masqués, puis des photos de violence, des hommes qui affrontent les forces de l’ordre, des scènes qu’on a vu régulièrement, on croit reconnaître les événements de Gênes en 2001.
Le message est clair, quoique pour le moins discutable : si on laisse ces gens gouverner le monde, ça va mal finir, la violence s’exprimera inévitablement. Qui sont les barbares dans ce film ? Bush, Obama, Merkel, Sarkozy, Lula, tous mis dans un même sac, auxquels on ajoute bizarrement d’autres types de groupes, tandis que la réponse violente ne serait que la conséquence logique et manifestement légitime de l’action des premiers. La barbarie engendrant une autre barbarie, inévitable. Message pour le moins simpliste, bien qu’il soit évident que les inégalités causées et creusées par le système actuel ne puissent à terme qu’engendrer toujours plus davantage de violence… Bref, on a de belles photos, mais le message est bien pauvre… J’ai beau avoir regardé un entretien avec le réalisateur, je ne comprends toujours pas ce qu’il a voulu faire…