Ce qui n'est pas exactement une comédie pas drôle. Plutôt un vernis mélancolique qui vient étrangler chaque blague dans la gorge en une douloureuse humanité. A l'instar de cette chanson antisémite chantée avec force volonté de faire plaisir à une rescapée de la Shoah par une chanteuse un peu nunuche. Télérama s'est dit choqué par la scène, je crois pour ma part que c'est de l'humour juif. Pas du meilleur goût, mais typique de ce rire que l'on laisse échapper pour ne pas pleurer. Et tout le film est à l'avenant, de ce père joué par Gérard Darmon, hypocondriaque tant qu'il n'a pas dépassé l'âge de la mort de son propre père. Ou de cette fille, déjà vieille, cernée par ses amis qui l'humilient à force de sollicitude pour son célibat. Dommage que les résolutions versent si rapidement dans la psychanalyse de comptoir ou la rom-com façon M6. Au moins, ce n'est pas vulgaire. Et c'est déjà pas si mal, dans le paysage de la comédie française.