"Tarot , les cartes du mal" n'est pas seulement un film raté, c'est une aberration cinématographique qui insulte l'intelligence de son public. Les personnages sont aussi attachants qu'une poignée de porte rouillée et aussi crédibles qu'un politicien en campagne. Le film, avec son titre prétentieux, n'est qu'un prétexte lamentable pour tuer des personnages de manière aléatoire avec des cartes tirées. Sérieusement, ils auraient pu utiliser des cartes Magic ou même des Pokémon, ça n'aurait pas fait la moindre différence. On dirait que les scénaristes ont tiré les idées de leur chapeau en même temps que leurs pauses café.
Le summum de l'absurdité est atteint avec les cartes prétendument créées en Hongrie au XVIe siècle, qui arborent fièrement des noms en anglais. Oui, en anglais, ce qui fera tiquer toute personne avec plus de trois neurones fonctionnels. Et bien sûr, la carte du magicien invoque un prestidigitateur du XIXe siècle, parce que OSEF, tel devait être la devise de l'équipe de prod'.
Ajoutez à cela que le film ne prend même pas la peine d'expliquer pourquoi ce jeu de cartes se trouve dans la maison louée par nos victimes... pardon, personnages. Le scénario est un gloubi-boulga indigeste, une bouillie sans queue ni tête, et les scénaristes semblent n'avoir jamais entendu parler du fusil de Chekhov ou du foreshadowing. Les dialogues sont d'une nullité abyssale, récités par des acteurs qui semblent avoir été choisis pour leur capacité à rendre le spectateur mal à l'aise. Quant aux jumpscares, ils sont aussi nombreux que prévisibles, et aussi effrayants qu'un chaton en pyjama.
Et l'ambiance, parlons-en : inexistante. Le film tente désespérément de se reposer sur une esthétique gothique et gore, mais ne parvient qu'à susciter l'ennui et la consternation. « Tarot, les cartes du mal » ne sait pas s'il doit faire rire ou pleurer, et finit par ne susciter que l'envie de quitter la salle au plus vite. Même mes amis agriculteurs ne voudraient pas de cette bouse pour fertiliser leurs champs. En fait, même Uwe Boll ou Ed Wood auraient pu faire mieux.