Réalisateur maudit qui a eu de gros problèmes avec les autorités de son pays (censure, prison), Sergei Paradjanov semble revenir sur le devant de la scène ces derniers temps, avec la sortie d'un coffret qui regroupe l'intégrale de son oeuvre (seulement 4 longs-métrages) et un film qui lui est dédié. Et voilà que la Filmothèque du Quartier Latin reprogramme son premier film, le plus connu, Les Chevaux de Feu.
On dit souvent que le film est très inspiré de l'histoire de Roméo et Juliette, l'écran d'introduction du film prétend que l'inspiration se situe plutôt du côté de contes des Carpates, et franchement, les similitudes avec la pièce de Shakespeare m'ont paru assez vagues (le principe de départ y ressemble un peu certes, mais au bout du compte c'est une histoire très différente). Mais avec ou sans ça, j'ai bien envie de dire que ça ne raconte pas grand chose - d'autant que la construction en 12 chapitres, qui s'enchaînent de façon assez elliptique, m'a parue quelque peu décousue. J'ai le sentiment que Paradjanov s'intéresse avant tout à sa mise en scène (une impression renforcée par le fait que les dialogues sont assez peu nombreux). Et de ce côté là, ça n'a pas vraiment marché non plus : les acteurs semblent être pour la plupart des amateurs (certains ont par ailleurs de bonnes têtes de vainqueurs, et j'ai un peu souri en constatant que le personnage principal ressemblait un peu à un des acteurs de Hitman le Cobra), d'un point de vue visuel les décors sont parfois jolis, sans vraiment transcender quoi que ce soit ; et surtout, la bande son est vraiment soûlante. Les personnages passent leur temps à brailler, et il y a sans doute une question de goûts là dedans, mais les chansons folkloriques qui parsèment le film ont vite tendance à taper sur les nerfs.
La courte durée du film m'a empêché de trop m'ennuyer, mais je ne sais pas trop ce que je suis supposé retenir de ce film qui ne m'a convaincu ni d'un point de vue scénaristique, ni d'un point de vue sensoriel. Il y aura certainement des cinéphiles pour me dire que je suis complètement à côté du génie de ce prétendu chef-d'oeuvre, mais ça m'a juste envie de me revoir un Tarkovski, tout en me faisant penser qu'il faut toujours que je découvre Kalatozov...