Non, le film ne se déroule pas en Ardèche comme mon titre pourrait laisser suggérer mais en Savoie, … Mais les paysages de montagnes restent somptueux dans tous les cas …
Et le film commençait comme je l'attendais. L'homme d'affaires international multi-connecté à tout et à qui tout réussit, Vincent, suite à la panne de sa torpédo, échoue (pour une fois) dans un coin paumé de Savoie et est dépanné par Pierre, un autochtone taiseux. C'est le choc des cultures. Là, on prend le temps de vivre. On vit avec la nature. Après le déjeuner, on fait la sieste. Demain est un autre jour. Voici le moyen idéal de déstresser, de faire tomber la pression infernale de la vie citadine et de se faire, enfin, oublier des réseaux.
Et en termes d'acteurs, Vincent est un fringant mais bien désagréable Lambert Wilson face à Gregory Gadebois dans le rôle de Pierre, un solide montagnard. Mais le contact est rugueux, l'opposition frontale entre deux hommes que tout oppose. On s'attend que le golden boy se transforme et se fasse, peu ou prou, à cette vie comme on attend du montagnard qu'il accompagne la transformation pour en faire deux amis indéfectibles.
Mais "les choses simples" s'avèrent ne pas être si simples que ça.
Vincent ne concède rien de son état d'homme d'affaires avide et intrusif. Pire, il perce à jour Pierre …
Spoiler : … qui est un chercheur biologiste renommé qui poursuit, au vert et secrètement, ses travaux sur le plancton marin, caché dans une retraite dans la montagne (très pratique pour étudier le plancton marin, comme on peut se douter)
C'est pourquoi, la deuxième partie du film me pose un véritable problème. Je pourrais me contenter de me réjouir de cette "amitié" ou de cette "complicité" qui semble apparaître peu à peu entre les deux hommes vers un happy end où chacun aurait trouvé une nouvelle raison de vivre après avoir, enfin, laissé les affaires. Rien dans le film ne me permet de le croire dans la mesure où Lambert Wilson, qui s'avoue un don pour la comédie (sic), ne me parait pas abandonner l'idée de faire travailler (juteusement) Gadebois pour lui, quitte à sacrifier d'autres affaires, ce qui n'est aucunement un problème pour un golden boy … Et la romance, fort belle entre Gadebois et Marie Gillain, n'est qu'une étape indispensable, un calcul, un jeu, pour arriver à ses fins.
Comment comprendre la fin du film voulue par Éric Besnard ? Est-ce un happy end (je crains bien que non) ou juste une mystification ?
Devant cette incertitude, je ne peux difficilement mettre une autre note que 5, même si le film se regarde avec plaisir.
Pourtant
Que la montagne est belle