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Le cirque : obsession profonde chez Fellini, c'est un milieu qui a donné à son cinéma d'éternelles touches bouffonnes et qui est à l'origine de son œil particulier pour les visages. À travers toute sa filmographie, le réalisateur a maquillé de lumière ses personnages comme des combinaisons récurrentes de clown blanc et d'auguste, mais d'où vient cette inspiration ?
C'est la réponse qu'apporte ce mocumentaire, partant de l'année 1970 (où le cirque était déjà considéré comme moribond) pour arriver à l'enfance du réalisateur. On y découvre que son affection pour les arts du chapiteau n'a pas été immédiate : le cinéaste en puissance fut de prime abord effrayé, dit-il, par ces gags absurdes et ces visages effrayants où il reconnaissait l'expression de certains personnages, bien réels, parmi lesquels il a grandi.
Pour lui, les clowns ne sont pas une exagération : ils ont été la translation de son premier univers en celui qu'il nous a ensuite transmis par la caméra, le médium grâce auquel il a pu toucher des esprits pour qui son bestiaire humain n'a été que pure invention – Les Clowns nous révèle que non, et en cela, c'est une œuvre plus que biographique : elle est intime.
Puisant dans la dérision du cirque un antidote à l'hypocrisie fasciste, Fellini a approché l'âge adulte grâce à ce monde burlesque où l'on pouvait se permettre d'en faire trop pour ne rien dire. Il a traduit sa peur d'enfant en une autre plus inquiétante, adulte : l'abysse que creusent les clowns entre signifiant et signifié, le gouffre derrière la puérilité du quotidien que le fait d'aimer le cirque semble exorciser – ou semblait du moins, avant que le rythme de vie occidental ne colmate ce gouffre avec du ciment et fasse tomber les clowns dans un début d'oubli.
Cette transformation, Fellini l'évoque avec un regret à la fois sérieux et taquin, n'hésitant pas à prendre un seau sur la tête au moment d'expliquer le message que son film veut faire passer. Bref, il assume le rôle de l'auguste et du clown blanc à la fois tel un monsieur loyal… à ses origines, qui préfère se plaindre créativement qu'ouvertement des temps qui changent. Et finalement, quel genre est plus clownesque que le mocumentaire ?
Créée
le 22 juin 2020
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7
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