Rome, 1825. Entre Gardes suisses, soldats français et charbonniers, il vaut mieux avoir révisé son histoire pour se plonger dans l'œuvre riche en dialogues de Luigi Magni. C'est en effet une œuvre ciblant un certain public italien érudit (ou international curieux), lequel ne sera en tout cas pas déçu par le texte magnifique et souvent cocasse délivré par un casting magnifiquement équilibré entre le prestige de ses grands noms et le poids de l'Histoire qu'ils portent.
Manfredi est glaçant, Tognazzi frappant, Sordi déchaîné et Cardinale écrit toute seule, par son jeu, son personnage de femme de caractère opprimée. Chacun d'eux porte une facette d'une Rome qui tente d'être moderne dans un pays désuni. Chrétienté et judaïsme se mêlent aux sentiments et tous ces mots qui signifient tant ne sont que des rêves passant dans le sommeil du peuple. Les révolutionnaires veulent le réveiller avec des idées, tandis que l'amour d'une femme les en sauve et que celui de Dieu leur accorde le salut forcé.
Souvent trop bêtement théâtral, Les Conspirateurs ne laisse pas voir tout de suite la merveille d'écriture historique qui se dissimule derrière la foule de gags. Trop de choses passent par la scène alors qu'il y avait beaucoup à faire ailleurs et que rien n'y est vraiment beau. Bref, il ne faut pas se laisser prendre au jeu de ses multiples intermèdes comiques le rendant si impalpable, car c'est bel et bien un drame qui se trame, et méconnu qui plus est.
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