Ca y est, avec ce film, la France parle de sa vision de la grande guerre. Il y en aura d'autres après, il y en sans doute eu avant, mais on parle d'ici d'un film important et ambitieux.
Cela étant dit, les thématiques abordées ne sont pas nouvelles par rapport aux films américains sortis avant celui-ci : on commence par la fleur au fusil, poussé par le nationalisme français (mais comme tous les pays qui s'y sont lancés en 1914), on passe par le front paralysé et les tranchées qui sapent le moral, qui tuent et qui estropient, et on fini par maudire l'armée, ceux qui vous ont poussé à la guerre et par être pacifiste.
Ce qui fait qu'on ne voit pas quelque chose de fondamentalement nouveau. Alors oui, on y croise Charles Vanel qui, en 1932, avait déjà 40 ans (et qui s'est fait démolir pour ce film par l'extrême droite), on y croise Antonin Artaud, cet artiste touche à tout malade à vie, mais c'est un film un peu long qui n'aborde pas le sujet sous un angle original (même si un film français qui dénonce les sujets évoqués ci-dessus garde toute ma sympathie), ce qui peut donner des moments ennuyeux.
La vraie originalité réside dans un procédé technique de surimpression consistant régulièrement à nous faire défiler des croix avec un visage de soldat en gros plan ou des visions de charges de guerre. Procédé à mon sens un peu trop utilisé au bout des 1h53 de film.
Ce qui ne fait pas un chef d'oeuvre.