Alors là, je dois bien avouer que je ne comprends pas ! Devant de telles critiques élogieuses, je m'attendais à un grand film et c'est d'ailleurs pour ça que j'ai préféré voir d'autres films de Marilyn Monroe avant celui-ci, afin de découvrir ce "chef-d’œuvre" dans le contexte de la filmographie de l'actrice, d'autant plus que c'est son dernier. Également le dernier de Clark Gable d'ailleurs, ce qui rajoute une certaine aura mystique Classic Hollywood autour du film.
Mais pourtant, j'ai passé un très mauvais moment ! Alors, je ne sais pas, j'ai dû louper un truc mais - pour tout le respect que j'ai pour Arthur Miller - je trouve ça profondément mal écrit, les acteurs sont en roue libre (et au vu de toutes les anecdotes tournant autour de la production, ce n'est pas étonnant) et puis la mise en scène est plate, tout est académique mis à part la fameuse dernière scène dans le désert qui donne enfin un peu plus de relief.
Pour resituer un peu, nous suivons un groupe de trois personnes (qui seront quatre puis trois puis quatre à nouveau avec un autre gars), les "désaxés" ou plutôt les paumés ou les marginaux (le titre en V.O. est plus parlant) qui décident de se reculer volontairement de la société dans une maison en construction. Une maison à la fois pleine de souvenirs dans sa partie habitable mais également d'un possible futur qui ne s'est jamais réalisé, dans sa partie encore en construction.
Car ce dont le film va parler, c'est de ce décalage que les personnages entretiennent avec la société ou plutôt de ne pas savoir évoluer avec. De rester bloqué dans un rêve américain qui avance sans eux. C'était déjà le sujet de "Géant" et c'était dix fois mieux interprété, dix fois mieux mis en scène et dix fois mieux écrit. Mais d'où le choix du noir et blanc puisque les personnages vivent littéralement dans le passé.
Enfin ça, ça concerne surtout les personnages masculins. Parce-que le personnage féminin lui euh... sert à rien quoi. Ou plutôt si, il sert à alimenter les désirs lubriques des trois autres mecs qui tournent autour du personnage de Marylin comme trois vautours et notamment Gay qui a presque deux fois son âge. Mais attention, Arthur Miller, à la base, a voulu écrire un rôle de composition pour sa femme ! Le "rôle de composition" en question : il manque une marche pour accéder à la maison alors Marilyn demande à Gay de mettre un parpaing pour que ce soit plus facile de monter et ensuite, elle fait des allers/retours en répétant "and now, I can go in, go out, go in, go out, go in, go out". Ah ouais, bravo Arthur, ça c'est de la composition !
Puis tous les gros plans et les regards vicieux braqués sur l'arrière-train de Marilyn ou ses divers décolletés ; alors effectivement, elle n'a fait presque que des rôles d'abrutie naïve à la superbe plastique (alors que c'est excellente actrice !) mais "c'était la mode à l'époque" et puis c'étaient presque que des rôles comiques ou de femmes fatales donc ça allait. Or là, c'est un drame et ce n'est jamais le problème dudit drame.
À la limite, il n'y a, encore une fois, que la scène finale qui vaut le coup et encore, elle est longue comme le reste mais au moins Marilyn sert enfin à quelque-chose, elle peut composer (bien joué Arthur !) et puis ce final résume à peu près tout le propos du film : la rencontre explosive entre deux manières de voir le monde (Marilyn vs les cow-boys) et apprendre, littéralement, à lâcher son passé pour aller de l'avant.
Mais avant d'en arriver là, on doit se taper un très long film avec des dialogues bateaux, parfois même risibles, ce qui fait des "Désaxés", de mon point de vue uniquement bien-sûr, un des pires films de la filmographie de Marilyn Monroe (à vrai dire, le pire pour l'instant mais je n'en ai vu qu'une dizaine).