(Re)découvrir Les Goonies en 2023 à l'âge de 22 ans n'est pas une mince affaire. Enfant, le film m'avait relativement déplu de par l'étude consacrée à cette incohérente bande de copains vanneurs et pas vraiment bienveillants entre eux. C'est une extraordinaire aventure ultra référencée qui va finalement les amener à réellement se découvrir et à naturellement s'apprécier en rejetant toute forme d'intolérance. Exactement le même thème que John Hugues abordait la même année avec Breakfast Club, certainement l'un des plus pertinent teen movie de toute l'Histoire du cinéma.
Les Goonies, quant à lui, reste un film résolument enfantin dans sa construction. Imaginée par Steven Spielberg et scénarisée par Chris Colombus, l'histoire narre l'épopée d'un groupe de sept adolescents confronté à une chasse au trésor afin de sauver leur quartier des griffes d'un riche promoteur qui souhaite raser leurs maisons. En parallèle, une famille de faux-monnayeurs poursuit la petite bande pour dérober cet hypothétique trésor dissimulé dans un vieux galion de pirates.
Doté d'un humour propre aux productions créées pour le jeune public durant les années 1980, Les Goonies est devenu, au fil des ans, un film culte pour toute une génération qui l'érige spontanément sur un piédestal. Pourtant, comparé à d'autres œuvres de cette décennie comme Retour Vers Le Futur ou encore Gremlins, le film de Richard Donner reste le plus faible artistiquement. Bardé d'invraisemblables faux raccords et charpenté par une réalisation efficace mais néanmoins peu inspirée, Les Goonies étale un patchwork de références jusqu'à l'excès où s'entremêlent les vieux films d'aventures avec Errol Flynn, James Bond (le thème composé par Monty Norman et arrangé par John Barry y est même inclus), Indiana Jones (les nombreux pièges à déjouer, les rochers qui déboulent dans les souterrains, la présence de Ke Huy Quan), Poltergeist (la scène avec les squelettes), Massacres Dans Le Train Fantôme (la créature difforme enchaînée dans la cave) ou encore les nombreux clins d’œils à Superman, Gremlins, etc. etc. Les multi-références pourraient néanmoins passer si elles n'étaient malheureusement pas alourdies par une forme d'humour cartoonesque aujourd'hui dépassée. Tout se dilue dans l'excès sans se préoccuper une seule seconde d'une quelconque subtilité émotionnelle, à moins de se vautrer dans les clichés les plus sentimentaux qui soient quand le scénariste décide d'émouvoir son monde.
Malgré tout, si l'on outrepasse l'adynamie cérébrale de l'intégralité des personnages et quelques vannes grossophobes pas drôles, Les Goonies se regarde indolemment lors d'un dimanche après-midi pluvieux. En baissant néanmoins le volume tellement que ça ne cesse de brailler.