« Les griffes de la nuit », dirigé par le maître du genre Wes Craven sort sur les écrans américains en 1984 et dès ce premier volet, Freddy Krueger fait une entrée remarquée en se faisant une place parmi les grands méchants du cinéma de genre. Le speech de départ : Les habitants de Springwood ont brûlé vif par le passé Freddy Krueger, un sadique tueur d'enfant qui sévissait dans leur quartier, malheureusement ce dernier continue son jeu de massacre à travers les cauchemars des adolescents. La séquence d'introduction met directement le spectateur dans l'ambiance avec Freddy confectionnant son mythique gant, dont les lames de rasoir vont en faire une arme culte et la marque de fabrique du personnage durant toute la saga. Visuellement, le film est sombre et l'ambiance glauque prédomine. Freddy n'est pas aussi incisif verbalement que dans les opus qui vont suivre, ce qui le rend d'autant plus effrayant. C'est la ferveur du personnage et son statut d'icône populaire qui rendra le croquemitaine moins effrayant au fil des opus. Son humour noir va se distinguer mais il gagnera en clownesque ce qu'il perdra en monstruosité. Le passage le plus marquant de cet opus et sans doute de la saga est incontestablement le meurtre de Tina. Tout est réussi et en tant que spectateur on est saisi par la détresse de l'adolescente. C'est un cauchemar certes mais la réalisation lui donne un ton réaliste à travers la ruelle sombre et ensuite la chambre à coucher. Ce qui est déroutant aussi, c'est que Tina avait tout pour être le personnage principal du film, mais Wes Craven a frappé fort on en faisant la première victime. Un procédé qui fera une nouvelle fois ses preuve, plus de 10 ans plus tard, lorsque le réalisateur remettra au goût du jour le slasher avec Scream.
Comme je l'ai dit, les cauchemars sont relativement simples, mais toujours dans une ambiance pesante. Le tout jeune Johnny Depp n'a pas résisté à l'envie de s'endormir et les murs de sa chambre s'en souviennent encore... La scène de Nancy dans la chaufferie est forte en tension et la réalisation est parfaite lors de son premier face à face avec Freddy. Ce qui est intéressant de souligner, c'est que Nancy est progressivement seule face au assaut du croquemitaine. Elle ne doit son salut qu'à son ingéniosité et son courage pour le vaincre. Ce statut d'héroïne seule face à l'adversité, Wes Craven va le faire évoluer lorsqu'il reviendra à l'écriture du troisième volet.