Dans ma quête de réconciliation avec le cinéma français, j'ai décidé de me faire une petite comédie, avec pour seul critère que ça ne devait pas parler de beaux-parents racistes, et n'avoir ni Didier Bourdon ni Christian Clavier (qui, selon une théorie étayée par leurs dernières années de carrière, sont devenus la même personne).
Au détour d'un catalogue de streaming, je tombe sur "The Players", Les Infidèles. Je connais à peine Lellouche, mais j'ai une affection persistante pour Dujardin depuis ses années "Nous Ç Nous" et bien sûr les premiers OSS 117.
Les Infidèles est une série de 7 sketchs sur le thème de l'adultère au masculin, dont la plupart sont déconnectés et réalisés par des réalisateurs différents. Leur point commun est de mettre en scène Dujardin et Lellouche, dans la peau d'une tripotée de personnages hauts en couleur, qui leur donne l'occasion de se déguiser pour changer radicalement de style d'un court à l'autre.
J'ai lu que ces segments étaient inégaux, disjoints, pour un résultat médiocre et bancal. Je trouve au contraire que malgré des tons volontairement contrastés, il y a une belle unité thématique et le duo d'acteurs donne du liant à cette petite anthologie dont tous les courts m'ont plu, à leur manière. Ce n'est pas toujours l'humour le plus fin, mais la finesse de l'écriture est indéniable, et suscite un enchaînement de passages mémorables, mettant en scène des infidèles tantôt pathétiques, drôles, odieux ou touchants.
Certains sketchs sont des farces qui ne s'embarrassent pas de subtilité, comme l'halluciné "Ultimate Fucking" (Jan Kounen) ou "Les Infidèles Anonymes" (Alexandre Courtès). D'autres présentent un tableau plus nuancé, comme "Lolita" (Éric Lartigau) ou "La Question" (Emmanuelle Bercot) et tout ça se termine sur l'excellent "Las Vegas" où Dujardin et Lellouche semblent se marrer au moins autant que nous, et livrent un final flamboyant.